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Le Rhône en 100 questions : 5-03 Les crues sont-elles plus fortes depuis quelques années ?

De Wikhydro
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Cette page fait partie du deuxième chapitre: "Le fonctionnement du fleuve", de l'ouvrage '"Le Rhône en 100 questions'", une initiative de la ZABR avec l'appui de toute l'équipe du Graie et soutenue par les instances qui ont en charge la gestion du fleuve.





Sommaire

Quelles sont les valeurs caractéristiques d’une crue ?


La première valeur, qui est la hauteur atteinte par les inondations, se mesure tout le long du Rhône et en particulier à certains points historiques. Elle sert à comparer de manière très directe les crues observées et à établir des statistiques. Mais cette valeur est influencée par les conditions d’écoulement au moment des crues : les ouvrages comme les ponts, les rétrécissements du lit peuvent faire obstacle aux écoulements et augmenter les hauteurs de submersion. Les dépôts d’alluvions exhaussent le lit mineur et également, sur de longues périodes, le lit majeur. Les niveaux atteints par les crues ne peuvent donc pas servir à comparer
strictement les crues et leur éventuelle tendance évolutive.
La valeur indépendante des conditions d’écoulement utilisée par les hydrologues et les hydrauliciens est plutôt le débit, exprimé en m3/s. C’est une valeur complexe à mesurer puisqu’il faut opérer pendant la crue en mesurant la vitesse du courant sur toute la largeur et la profondeur des cours d’eau dans une section pour calculer ensuite le débit à cet endroit. Cette opération demande des appareils de mesure précis et rapides. Pour les crues plus anciennes, le débit a souvent dû être reconstitué.


Que nous apprennent les crues historiques ?



Ceci posé, si on s’intéresse aux crues du Rhône connues depuis le milieu du xixe siècle, on relève un échantillon de crues importantes dont les débits ont pu être évalués aux principales stations d’observation et de mesure suivantes.
La hiérarchie des crues peut changer suivant que l’on raisonne sur les cotes ou sur les débits. On connaît au moins deux crues très importantes qui ont touché le Rhône sur l’ensemble de son cours : celle de mai 1856 à comparer à celle de 1840 décrite comme une crue d’importance comparable sur le Rhône en aval de Lyon. Ensuite, certaines crues ont principalement touché un secteur plus réduit : celle de 1957 à l’aval de Lyon, celles de 1910, 1928, 1944 et 1990 en amont de Lyon. Puis celles de 1994, 2002 et 2003 sur le Rhône aval et en Camargue.

Un zoom sur la crue de 1993, qui est la dernière crue généralisée sur le Rhône aval, permet de comprendre que l’importance de la crue tient autant à l’étendue des inondations qu’à son débit : les ruptures de digues en Camargue ont provoqué la propagation de l’inondation sur un grand territoire.

plus fortes crues annuelles du haut rhone
plus fortes crues annuelles du bas rhone multi862

Que peut-on en déduire ?


[[Image:repere_de_crues_historiques_du_rhone_a_sablons_[38]_.jpg|center|thumb|200px|repere de crues historiques du rhone a sablons [38] ]]La relative rareté des crues importantes depuis un siècle et demi permet difficilement d’évaluer l’évolution de l’importance des crues : les records du xixe siècle n’ont pas été dépassés sur le Rhône en aval de Lyon. Les tests statistiques réalisés sur la série de Beaucaire, de 1920 à 2000, ne montrent pas de tendance significative à une aggravation des pointes de crue. Le seul changement détecté correspond à une date plus précoce d’occurrence des crues de la saison janvier-juillet, qui est à relier à l’augmentation des températures.
À l’échelle de la France, une recherche conduite sur deux cents longues séries hydrométriques note comme seul changement cohérent à l’échelle de la France une légère augmentation du débit des rivières glaciaires et une diminution de certains débits d’étiage liées au changement des températures.






Ce qu’il faut retenir


Les conditions d’écoulement, modifiées depuis le xixe siècle du fait des aménagements de la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) sur le Rhône et d’Électricité de France (EDF) sur les affluents de montagne, et les travaux d’endiguement ont eu des effets peu significatifs sur les crues importantes.
Les études plus générales sur les évolutions des régimes des grands cours d’eau ne montrent rien de significatif pour l’intensité des crues.

Ces résultats ne prouvent évidemment pas l’absence d’impact du changement climatique, maintenant bien avéré sur les températures, mais démontrent la difficulté de distinguer cette influence d’autres sources de changement possibles.




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