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Le Rhône en 100 questions : 5-09 Pourquoi les crues de la décennie 1993-2003 ont-elles touché surtout le Rhône aval et la Camargue ?

De Wikhydro
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Cette page fait partie du deuxième chapitre: "Le fonctionnement du fleuve", de l'ouvrage '"Le Rhône en 100 questions'", une initiative de la ZABR avec l'appui de toute l'équipe du Graie et soutenue par les instances qui ont en charge la gestion du fleuve.










La Camargue, partie principale du delta du Rhône, a toujours été inondable car elle est l’exutoire d’un bassin versant d’environ 95 000 km2 qui peut être soumis à des épisodes pluvieux intenses de type méditerranéen.
La typologie des crues du Rhône est bien connue ; seules les crues océaniques qui se forment sur la partie amont du Rhône et de l’Isère s’atténuent en général à partir de Valence et sont la plupart du temps sans danger pour les Provençaux. Les autres types de crues, qui ont une composante méditerranéenne, se renforcent à l’aval et peuvent même devenir catastrophiques en cas de concomitance avec une crue forte de l’Ardèche, de la Durance ou des Gardons.
En ce qui concerne le mode d’inondation, la Camargue est concernée à plusieurs titres : risque de surverse au-dessus des digues pour les crues très fortes, risque de brèches dans les digues lors des crues de longue durée et également risque d’inondation directe par les pluies locales puisque les terrains sont très plats.



Pourquoi la Camargue est-elle vulnérable ?



La topographie de la Camargue est spécifique car très proche du niveau de la mer ; le point culminant est à environ trois mètres d’altitude. La présence d’anciens cordons de protection contre la mer (cinquante centimètres à un mètre), assez loin dans les terres, peut freiner l’évacuation des eaux.
À titre de comparaison, la cote maximum atteinte à la station d’Arles (Grand-Rhône) lors de la crue de décembre 2003 a été de
sept mètres environ. Ces valeurs permettent de comprendre le rôle joué par les digues de Camargue et les contraintes qu’elles peuvent subir lors des crues fortes et de longue durée.


Quelle est la répétition des épisodes de crue et quels sont leurs impacts sur la Camargue ?


Depuis 1993, on constate une succession d’épisodes pluvieux de type méditerranéen, qui ont peu ou prou concerné la Camargue.
En remontant dans le passé, plusieurs périodes présentent une répétition d’événements de crue : vers 1580 et 1755 et également entre 1840 et 1856.
Toutefois, on dispose de peu d’éléments sur les périodes marquées par les crues de 1580 et de 1755.

la crue de 2003 a l echelle des cinq derniers siecles
  • Première période représentative : 1840-1856

Outre la crue très exceptionnelle de 1840, les crues d’octobre 1841 et novembre 1843 ont causé également des dégâts considérables dans les digues (la crue de 1843 a été amplifiée par une grave crue de la Durance : 4 400 m3/s estimés à Bonpas). Sur cette période, deux crues majeures et deux crues fortes ont sérieusement endommagé les digues de Camargue et provoqué à chaque fois l’inondation d’une grande partie de ce territoire, auxquelles s’ajoutent une dizaine de crues relativement importantes.

  • Une « répétition » sur la période 1993-2003

Le Rhône a connu en octobre 1993 et janvier 1994 deux crues fortes alors que pendant près de quarante ans les riverains n’avaient pas eu à faire face à des inondations, excepté sur d’autres secteurs (par exemple février 1990
et novembre 1992 sur le Haut Rhône).
Entre 1993 et 2003, le Rhône aval a connu une crue majeure en décembre 2003 et quatre crues fortes :

  • Octobre 1993 (crue générale – Saône et Haut Rhône) ;
  • Janvier 1994 (méditerranéenne extensive – crue forte de la Durance) ;
  • Septembre 2002 (crue très forte des Gardons et de la Cèze – cévenoleatypique) ;
  • Novembre 2002 (crue générale).

Si les crues de 1993 et 1994 avaient largement inondé la Camargue entre le petit et le grand Rhône à la suite de nombreuses ruptures de digues, en 2003, c’est la Camargue gardoise qui a été concernée par deux brèches importantes (communes de Fourques et de Saint-Gilles). Lors de cette dernière crue, la Camargue entre le Rhône et le Petit-Rhône n’a été inondée que par son impluvium, phénomène aggravé par des remontées de nappes généralisées.

breche de claire farine

Ce qu’il faut retenir


La Camargue est particulièrement exposée aux crues du Rhône, du fait de sa topographie très plate et peu élevée et du régime hydrologique pluvial méditerranéen sur la partie aval de ce fleuve.
Les épisodes pluvieux méditerranéens se produisent en général entre les mois de septembre et de novembre ; les tempêtes marines à cette époque de l’année pouvant aggraver le niveau des eaux. Les ruptures de digues sont le plus préjudiciables car elles sont pratiquement imprévisibles.




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