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Le Rhône en 100 questions : 8-08 Quels sont les facteurs favorables à la biodiversité souterraine ? Des différences existent-elles entre l’amont et l’aval du Rhône ?

De Wikhydro
le rhone en 100 questions multi579
Cette page fait partie du deuxième chapitre: "Le fonctionnement du fleuve", de l'ouvrage '"Le Rhône en 100 questions'", une initiative de la ZABR avec l'appui de toute l'équipe du Graie et soutenue par les instances qui ont en charge la gestion du fleuve.





Du Léman à la Méditerranée, le Rhône est associé à de nombreuses nappes d’accompagnement où les échanges nappe – fleuve sont fortement influencés par les caractéristiques géologiques et géomorphologiques des aquifères ainsi que par les nombreux aménagements hydro-électriques et l’anthropisation des milieux. Ainsi les espèces souterraines ne sont-elles pas uniformément distribuées le long du corridor fluvial.


Quelle est la distribution des communautés souterraines ?


copepode parastenocaris
  • À l’échelle du bassin, la distribution des communautés est liée principalement à la biogéographie des espèces. Dans la partie amont du Rhône, qui a subi l’influence des glaciations du Quaternaire, la diversité des espèces est plus faible que dans le Rhône aval qui a subi l’influence des régressions/transgressions marines. En effet, on peut dénombrer un certain nombre d’espèces d’origine marine qui ont remonté le corridor fluvial jusqu’à Lyon, voire jusqu’aux contreforts du Jura tel l’Amphipode Salentinella ou le Copépode Parastenocaris. De plus les confluences de tributaires sont déterminantes. En effet, dans les secteurs de Brégnier-Cordon et de Donzère Mondragon, les débouchés du Guiers et de l’Ardèche entraînent une rupture dans le profil des communautés souterraines par une augmentation de la diversité des organismes. À l’échelle de la plaine alluviale, la diversité des espèces souterraines trouve son origine dans la structure particulière des aquifères (forte fragmentation de l’habitat) et les facteurs hydrologiques et géomorphologiques. Ces facteurs fournissent des conditions plus ou moins favorables à l’installation de la faune en termes de perméabilité, de circulation des flux d’eau dans les interstices, de température, d’oxygénation et de nourriture disponible.
    L’étendue et le volume de l’aquifère jouent aussi un rôle déterminant dans le niveau de biodiversité. Ainsi dans différents secteurs du Rhône, on trouve un plus grand nombre d’espèces dans les aquifères puissants (10 m et au-delà, ex. Miribel-Jonage) que dans des aquifères peu profonds (de l’ordre de quelques mètres, ex. Donzère Mondragon).


  • À l’échelle locale (rapide, banc de graviers), les communautés d’invertébrés se structurent en fonction des zones d’infiltration des eaux de surface (dominance des espèces de surface) et d’exfiltration des eaux souterraines (dominance des espèces souterraines) qui s’effectuent au niveau des irrégularités du lit du Rhône.
    Par exemple, pour un banc de graviers du canal de Miribel, la densité relative des stygobies étaient de 5 % dans la tête de banc (infiltration) et de 55 % en queue de banc (exfiltration). Dans un transect de la plaine alluviale de Miribel-Jonage, la faune stygobie est distribuée en fonction d’un gradient de stabilité physique.
repartition transversale des invertebr es du chenal

Où trouve-t-on les « points chauds » de biodiversité ?


echanges entre le cours d eau et la zone hyporheique
Les« points chauds » de biodiversité résultent de l’interaction des importants dépôts sédimentaires du Quaternaire et des aquifères latéraux. Les apports permanents d’eau phréatique par drainage du fleuve et le remaniement des sédiments assurent au compartiment souterrain une certaine indépendance vis-à-vis des conditions de surface et permettent le développement d’une faune diversifiée. C’est par exemple le secteur de Miribel-Jonage qui comporte trente-trois espèces stygobies, soit la moitié de la richesse totale du couloir rhodanien.
Par rapport aux habitats de surface, les milieux souterrains sont beaucoup plus stables et beaucoup plus anciens, ce qui explique la présence d’espèces relictuelles.
Enfin, les espèces souterraines ont souvent une capacité de dispersion réduite et les populations peuvent être très localisées, créant au fil du temps un grand nombre d’espèces endémiques.



Ce qu’il faut retenir


Le compartiment sous-fluvial du Rhône est un espace discontinu où les communautés souterraines ne sont pas uniformément
distribuées. Chaque confluence augmente le degré d’hétérogéneité biologique du corridor fluvial.
La faune aquatique souterraine est marquée par une forte valeur scientifique, culturelle et patrimoniale Les particularités de cette
biodiversité et celles de la distribution de ces espèces nécessitent une gestion adaptée et surtout une connaissance approfondie de cette faune.



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