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Le Rhône en 100 questions : 6-13 Les PCB dans le Rhône : où en est on ?

De Wikhydro
Version du 24 janvier 2013 à 12:01 par Jean-Michel Tanguy (discuter | contributions)

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Cette page fait partie du deuxième chapitre: "Le fonctionnement du fleuve", de l'ouvrage '"Le Rhône en 100 questions'", une initiative de la ZABR avec l'appui de toute l'équipe du Graie et soutenue par les instances qui ont en charge la gestion du fleuve.


Si la présence de polychlorobiphényles (PCB) dans les cours d’eau français, et notamment le Rhône, est avérée depuis la fin des années quatre-vingt, des teneurs élevées en polychlorobiphényles (PCB) ont été constatées fin 2005 dans des poissons pêchés dans le Rhône en amont de Lyon.
Les recherches pour évaluer l’étendue de la pollution ont été élargies aux départements situés à l’aval.
Les résultats ont conduit à la prise d’arrêtés d’interdiction de consommation du poisson. Ces arrêtés couvrent en août 2007 un linéaire du Rhône qui va du barrage de Sault-Brénaz à la mer.

Sommaire


Quels sont les usages et les effets des PCB ?


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Les PCB sont des produits organiques chlorés utilisés dans l’industrie depuis les années 1930, pour leur stabilité et leur ininflammabilité, comme isolants électriques et fluides caloporteurs dans les transformateurs et les condensateurs, mais aussi comme adjuvants.


Les PCB sont interdits d’utilisation en France depuis 1979 dans les applications ouvertes (fluides industriels et lubrifiants, plastifiants…). Par ailleurs, la vente, l’acquisition de PCB ou d’appareils en contenant ainsi que la mise sur le marché de tels appareils neufs sont interdites depuis le 2 février 1987. Toutefois, certaines industries peuvent encore posséder jusqu’au 31 décembre 2010 des dispositifs fermés (transformateurs électriques) contenant des PCB. Ces composés aromatiques chlorés sont d’une grande stabilité physique et chimique et d’une faible biodégradabilité. Ils s’accumulent dans les graisses des organismes vivants et se concentrent d’un maillon à l’autre dans la chaîne alimentaire au sommet de laquelle se trouvent les poissons et l’espèce humaine. La principale voie de contamination pour l’homme est donc l’alimentation. On n’en détecte qu’exceptionnellement dans les eaux des cours d’eau et de plan d’eau car les PCB sont très peu solubles. La baignade et les sports nautiques ne présentent pas de risque sanitaire pour l’homme. La toxicité des PCB en cas d’ingestion régulière sur une longue durée est mal connue mais pourrait générer des troubles du système immunitaire, du système endocrinien, de la fonction hépatique, de la reproduction, des maladies cardio-vasculaires et neurologiques.







Comment ont évolué les seuils réglementaires ?


Un arrêté du 16 février 1988 prévoit que les poissons contenant une concentration supérieure à 2 mg/kg de PCB totaux sont impropres à la consommation. Plus récemment, un règlement européen du 3 février 2006 fixe à 8 pg/g la limite de concentration des PCB de type dioxine (PCBdl) et des dioxines et furanes dans la chair de poisson. Ces deux seuils n’étant pas directement comparables, les experts estiment grossièrement que le seuil de 2006 est 6 à 7 fois plus sévère que celui de 1988.


Quelles sont les sources possibles de PCB ?


La première interdiction de consommation intervenue en 2005 était relative à des poissons pêchés en aval des rejets d’un établissement spécialisé dans la décontamination de matériels électriques contenant des PCB. Si les mesures sur les sédiments et la chair de poisson montrent effectivement un pic à l’aval de cet établissement, elles mettent aussi en évidence d’autres zones de contamination (Gier, Bourbre, Rhône amont…). La multiplicité des utilisations historiques permet d’affirmer l’existence de multiples sources diffuses de contamination. Le caractère historique de cette pollution est confirmé par les carottages réalisés dans les sédiments qui montrent la présence notable de PCB depuis plus de 40 ans avec une pointe dans les années 1980.


Quelles actions envisagées ?


 L’analyse de l’ensemble des résultats déjà disponibles montre qu’il s’agit d’un phénomène complexe qui nécessite un programme d’actions à mener sur la période 2008-2010. Ce programme, élaboré sous l’autorité du Préfet coordonnateur de bassin qui en a confié le pilotage technique à la DIREN de Bassin, se décline en trois axes : les questions urgentes, le diagnostic et la compréhension de la pollution et la gestion à moyen terme. Ce dernier volet comprend les actions de contrôle des rejets encore existants et des actions de police renforcées pour toute constatation d’infractions pouvant aggraver la situation des milieux. Un comité d’information et de suivi a été installé le 10 octobre 2007 par Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État à l’écologie, en vue d’associer officiellement à la réflexion les conseils régionaux, les représentants des maires de communes riveraines, les associations de protection de l’environnement, les représentants des pêcheurs amateurs et professionnels, des riverains et des industriels.
Le mandat de ce comité est d’examiner le programme d’action pluriannuel proposé puis de suivre son application. Il a aussi pour rôle de prendre connaissance des mesures de gestion envisageables et de donner des recommandations le cas échéant.


Ce qu’il faut retenir


La pollution du Rhône par les PCB est une pollution historique et diffuse provenant de sources multiples.
La voie de contamination pour l’homme est la voie alimentaire par la consommation de poissons contaminés.
Un programme d’actions 2008-2010 est lancé et permettra de gérer cette pollution sur le long terme.

http://www.rhone-mediterranee.eaufrance.fr/




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