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Pluie de projet double triangle (HU) : Différence entre versions

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''<u>Traduction anglaise</u> : Double triangle design storm''
 
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<u>Sous-rubrique de rattachement</u> : [[Modélisation pluie (HU)]]
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<u>Dernière mise à jour</u> : 6/4/2020
  
 
Forme particulière de [[Hyétogramme (HU)|hyétogramme]] synthétique beaucoup utilisée en France pour dimensionner les systèmes d’assainissement pluvial.  
 
Forme particulière de [[Hyétogramme (HU)|hyétogramme]] synthétique beaucoup utilisée en France pour dimensionner les systèmes d’assainissement pluvial.  
  
Le concept de [[Pluie de projet (HU)|pluie de projet]] double triangle a été développé par Desbordes, [1974] à partir d'une étude de sensibilté d’un modèle hydrologique ([[Réservoir linéaire (modèle du) (HU)|modèle du réservoir linéaire]]) et d’une analyse statistique d'une [[Série chronologique de pluies (HU)|série chronologique]] de pluies réelles.
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Le concept de [[Pluie de projet (HU)|pluie de projet]] double triangle a été développé par Desbordes & Raous (1980) à partir d'une étude de sensibilité d’un modèle hydrologique ([[Réservoir linéaire (modèle du) (HU)|modèle du réservoir linéaire]]) et d’une analyse statistique d'une [[Série chronologique de pluies (HU)|série chronologique]] de pluies réelles.
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==Origine du modèle==
  
Forme particulière de hyétogramme synthétique beaucoup utilisée en France pour dimensionner les réseaux d'assainissement pluvial. Le concept de pluie de projet double triangle a été développé par [Desbordes, 1974] à partir d'une analyse statistique d'une série chronologique de pluies réelles.
 
1. GENESE DU CONCEPT
 
 
L'élaboration de ce concept repose sur un double constat :
 
L'élaboration de ce concept repose sur un double constat :
- les événements pluvieux réels provoquant des désordres dans les réseaux d'assainissement pluvial sont généralement constitués d'une période de pluie intense relativement courte située à l'intérieur d'une séquence de pluie de quelques heures.
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* les événements pluvieux réels provoquant des désordres dans les réseaux d'assainissement pluvial sont généralement constitués d'une période de pluie intense relativement courte située à l'intérieur d'une séquence de pluie de quelques heures ;
- le point précédent mis à part, aucune forme particulière de distribution temporelle des intensités n'est plus probable qu'une autre.
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* le point précédent mis à part, aucune forme particulière de distribution temporelle des intensités n'est plus probable qu'une autre.
M. Desbordes a donc proposé de choisir une forme particulière de pluie de projet en raisonnant, non plus par rapport au phénomène physique, mais par rapport aux éléments auxquels le modèle de ruissellement (utilisé après le modèle pluviométrique) était le plus sensible. Cette analyse de sensibilité, conduite à partir du modèle du réservoir linéaire a permis de montrer qu'une forme simple, doublement triangulaire, fournissait des formes d'hydrogrammes et des valeurs de débit maximum peu sensibles à des erreurs sur le paramètre principal du modèle de ruissellement : le lag time.
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2. MISE EN APPLICATION
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Desbordes (1974) a donc proposé de choisir une forme particulière de pluie de projet en raisonnant, non plus par rapport au phénomène physique, mais par rapport aux éléments auxquels le modèle de ruissellement (utilisé après le modèle pluviométrique) était le plus sensible. Cette analyse de sensibilité, conduite à partir du modèle du réservoir linéaire a permis de montrer qu'une forme simple, doublement triangulaire, fournissait des formes d'hydrogrammes et des valeurs de débit maximum peu sensibles à des erreurs sur le paramètre principal du modèle de ruissellement : le lag time.
Cette pluie de projet est entièrement définie par cinq paramètres :
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- la durée totale t3 (quelques heures) ;
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==Formulation==
- la durée de la période de pluie intense : t1 (quelques dizaines de minutes) ;
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- la position de la pointe d'intensité par rapport au début de la pluie : rapport t2 / t3 ;
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Cette pluie de projet est entièrement définie par cinq paramètres (voir ''figure 1'') :
- l'intensité moyenne pendant la période de pluie intense : i1 ;
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* la durée totale <math>t_3</math> (quelques heures) ;
- l'intensité moyenne en dehors de la période de pluie intense : i2.
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* la durée de la période de pluie intense : <math>t_1</math> (quelques dizaines de minutes) ;
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* la position de la pointe d'intensité par rapport au début de la pluie : rapport <math>t_2 / t_3</math> ;
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* l'intensité moyenne pendant la période de pluie intense : <math>i_1</math> ;
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* l'intensité moyenne en dehors de la période de pluie intense : <math>i_2</math>.
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[[File:pluie double triangle.JPG|600px|center|thumb|<center>''<u>Figure 1</u> : Exemple de pluie de projet double triangle.''</center>]]
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Les principaux éléments de choix sont les suivants :
 
Les principaux éléments de choix sont les suivants :
- La durée totale t3 peut être prise égale à 4 heures. Sur cette durée, il tombe plus de 80% de la hauteur totale des épisodes pluvieux significatifs dans 73% des cas. Par ailleurs, pour les grands bassins, sur lesquels des pluies plus longues pourraient paraître intéressantes, la variation relative du débit de pointe obtenu n'est que de 2% lorsque la durée totale de la pluie passe de deux à quatre heures.
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* La durée totale <math>t_3</math> peut être prise égale à 4 heures. Sur cette durée, il tombe plus de 80% de la hauteur totale des épisodes pluvieux significatifs dans 73% des cas. Par ailleurs, pour les grands bassins, sur lesquels des pluies plus longues pourraient paraître intéressantes, la variation relative du débit de pointe obtenu n'est que de 2% lorsque la durée totale de la pluie passe de deux à quatre heures.
- La durée de la période de pluie intense t1 peut être choisie entre quinze minutes et une heure selon la nature et la surface du bassin versant étudié.
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* La durée de la période de pluie intense <math>t_1</math> peut être choisie entre quinze minutes et une heure selon la nature et la surface du bassin versant étudié.
- La position de la période de pluie intense au sein de l'averse (=t2 /t3) influe de façon sensible sur le débit de pointe (le débit augmente avec ). L'analyse des pluies n'a pas permis de mettre en évidence une valeur préférentielle de . On pourra donc prendre = 0,5, valeur moyenne, ou = 0,75 pour se placer dans une situation plus défavorable au sens des débits de pointe.  
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* La position de la période de pluie intense au sein de l'averse (<math>θ=t_2 /t_3</math>) influe de façon sensible sur le débit de pointe (le débit augmente avec <math>θ</math>). L'analyse des pluies n'a pas permis de mettre en évidence une valeur préférentielle de <math>θ</math>. On pourra donc prendre <math>θ = 0{,}5</math>, valeur moyenne, ou <math>θ = 0{,}75</math> pour se placer dans une situation plus défavorable au sens des débits de pointe.  
- La hauteur précipitée pendant la période de pluie intense constitue la grandeur qui influe le plus sur le débit de pointe. Sa valeur pourra être prise égale à l'intensité moyenne maximum correspondant à la même durée sur les courbes Intensité-Durée-Fréquence caractérisant la région pluviométrique et la période de retour choisies.
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* La hauteur précipitée pendant la période de pluie intense constitue la grandeur qui influe le plus sur le débit de pointe. Sa valeur pourra être prise égale à l'intensité moyenne maximum correspondant à la même durée sur les courbes Intensité-Durée-Fréquence caractérisant la région pluviométrique et la période de retour choisies.
- La hauteur précipitée en dehors de la période de pluie intense joue un rôle moindre sur la valeur du débit de pointe. Sa valeur devra correspondre à une période de retour plus faible que celle pour laquelle on calcule le débit de pointe.
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* La hauteur précipitée en dehors de la période de pluie intense joue un rôle moindre sur la valeur du débit de pointe. Sa valeur devra correspondre à une période de retour plus faible que celle pour laquelle on calcule le débit de pointe.
Le "guide de construction de la pluie de projet" [STU, 1986] fournit les données permettant de choisir ces paramètres. Une analyse théorique du comportement du modèle du réservoir linéaire a conduit [Chocat & al., 1981a] à proposer des formules permettant de calculer directement les paramètres précédents. La pluie est supposée symétrique, le calcul des autres coefficients s'effectue à partir des coefficients a et b d'un ajustement de type Montana de la pluviométrie locale et d'une estimation grossière du lag time K du bassin versant à étudier :
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Le "''guide de construction de la pluie de projet''" (STU, 1986) fournit les données permettant de choisir ces paramètres.  
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==Pluies de projet double triangle symétrique==
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Une analyse théorique du comportement du modèle du réservoir linéaire a conduit Chocat & al., (1981) à proposer des formules permettant de calculer directement les paramètres précédents. La pluie est supposée symétrique, le calcul des autres coefficients s'effectue à partir des coefficients <math>a</math> et <math>b</math> d'un ajustement de type Montana de la pluviométrie locale et d'une estimation grossière du lag time <math>K</math> du bassin versant à étudier. La démarche la plus simple est la suivante.
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* 1- On choisit une durée de pluie intense en fonction du lag time du bassin versant à étudier
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<center><math>t_1=0{,}5.K</math></center>
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* 2- On calcule la durée totale de la pluie :
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* 3- On calcule la hauteur totale de pluie précipitée sur cette durée pour la période de retour T choisie en utilisant un ajustement de type Montana :
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<center><math>H_{max}=a(T).t_1^{b(T)+1}</math></center>
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* 4- On calcule la hauteur totale de pluie précipitée sur la durée totale de la pluie comme un pourcentage (de l'ordre de 80 à 90%) de la hauteur correspondant à la même durée pour la période de retour T choisie en utilisant un ajustement de type Montana :
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<center><math>H_{tot}=0{,}85.a(T).t_3^{b(T)+1}</math></center>
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* 5- On en déduit la hauteur précipitée en dehors de la période de pluie intense :
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<center><math>H_{res}=H_{tot}-H_{max}</math></center>
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* 6- Par des considérations géométriques simples, on en déduit les paramètres constructifs <math>im</math> et <math>iM</math> (''Figure 2'') :
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<center><math>im=2.\frac{H_{res}}{t_2}-H_{max}</math></center>
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<center><math>iM=\frac{2.H_{max}}{t_1}-im</math></center>
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[[File:pluie double triangle 2.JPG|600px|center|thumb|<center>''<u>Figure 2</u> : Signification des paramètres iM et im.''</center>]]
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L'intérêt de cette méthode est qu'elle peut être utilisée directement à partir des courbes intensités-durée-fréquence
L'intérêt de cette méthode est qu'elle peut être utilisée directement grâce à l'Instruction technique de 1977 qui fournit les valeurs de a et b pour les trois régions pluviométriques définies arbitrairement.
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Les valeurs de débits de pointe calculées sont peu sensibles aux valeurs de t1 et t2 (donc de K). En cas d'utilisation sur un réseau drainant des bassins versants emboîtés de surfaces très différentes, il est cependant utile de tester plusieurs valeurs de K.
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Les valeurs de débits de pointe calculées sont peu sensibles aux valeurs de <math>t_1</math> et <math>t_2</math> (donc de <math>K</math>). En cas d'utilisation sur un réseau drainant des bassins versants emboîtés de surfaces très différentes, il est cependant utile de tester plusieurs valeurs de <math>K</math>.
POUR EN SAVOIR PLUS
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[STU, 1986] : Service Technique de l'Urbanisme ; "Guide de construction et d'utilisation des pluies de projet." ; Service Technique de l'Urbanisme ; 64 p. : 1986.
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<u>Bibliographie</u>
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* STU (1986) : Guide de construction et d'utilisation des pluies de projet ; 64 p.
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* Desbordes, M. & Raous, P. (1980) : Fondements de l'élaboration d'une pluie de projet urbaine : méthodes d'analyse et application à la station de Montpellier Bel Air ; La météorologie ; n°20-21 ; pp. 317- 326 ; juin 1980.
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* Chocat, B., Thibault, S., Bouyat, M. ; Etude comparative des résultats fournis par la méthode de Caquot et le modèle du réservoir linéaire ; TSM l'eau ; n°7 ; pp 417-424 ; juillet 1981.
  
 
[[Catégorie:Dictionnaire_DEHUA]]
 
[[Catégorie:Dictionnaire_DEHUA]]
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[[Catégorie:Modélisation_de_la_pluie_(HU)]]

Version du 27 juin 2020 à 17:07

Traduction anglaise : Double triangle design storm

Dernière mise à jour : 6/4/2020

Forme particulière de hyétogramme synthétique beaucoup utilisée en France pour dimensionner les systèmes d’assainissement pluvial.

Le concept de pluie de projet double triangle a été développé par Desbordes & Raous (1980) à partir d'une étude de sensibilité d’un modèle hydrologique (modèle du réservoir linéaire) et d’une analyse statistique d'une série chronologique de pluies réelles.

Origine du modèle

L'élaboration de ce concept repose sur un double constat :

  • les événements pluvieux réels provoquant des désordres dans les réseaux d'assainissement pluvial sont généralement constitués d'une période de pluie intense relativement courte située à l'intérieur d'une séquence de pluie de quelques heures ;
  • le point précédent mis à part, aucune forme particulière de distribution temporelle des intensités n'est plus probable qu'une autre.

Desbordes (1974) a donc proposé de choisir une forme particulière de pluie de projet en raisonnant, non plus par rapport au phénomène physique, mais par rapport aux éléments auxquels le modèle de ruissellement (utilisé après le modèle pluviométrique) était le plus sensible. Cette analyse de sensibilité, conduite à partir du modèle du réservoir linéaire a permis de montrer qu'une forme simple, doublement triangulaire, fournissait des formes d'hydrogrammes et des valeurs de débit maximum peu sensibles à des erreurs sur le paramètre principal du modèle de ruissellement : le lag time.

Formulation

Cette pluie de projet est entièrement définie par cinq paramètres (voir figure 1) :

  • la durée totale $ t_3 $ (quelques heures) ;
  • la durée de la période de pluie intense : $ t_1 $ (quelques dizaines de minutes) ;
  • la position de la pointe d'intensité par rapport au début de la pluie : rapport $ t_2 / t_3 $ ;
  • l'intensité moyenne pendant la période de pluie intense : $ i_1 $ ;
  • l'intensité moyenne en dehors de la période de pluie intense : $ i_2 $.
Figure 1 : Exemple de pluie de projet double triangle.

Les principaux éléments de choix sont les suivants :

  • La durée totale $ t_3 $ peut être prise égale à 4 heures. Sur cette durée, il tombe plus de 80% de la hauteur totale des épisodes pluvieux significatifs dans 73% des cas. Par ailleurs, pour les grands bassins, sur lesquels des pluies plus longues pourraient paraître intéressantes, la variation relative du débit de pointe obtenu n'est que de 2% lorsque la durée totale de la pluie passe de deux à quatre heures.
  • La durée de la période de pluie intense $ t_1 $ peut être choisie entre quinze minutes et une heure selon la nature et la surface du bassin versant étudié.
  • La position de la période de pluie intense au sein de l'averse ($ θ=t_2 /t_3 $) influe de façon sensible sur le débit de pointe (le débit augmente avec $ θ $). L'analyse des pluies n'a pas permis de mettre en évidence une valeur préférentielle de $ θ $. On pourra donc prendre $ θ = 0{,}5 $, valeur moyenne, ou $ θ = 0{,}75 $ pour se placer dans une situation plus défavorable au sens des débits de pointe.
  • La hauteur précipitée pendant la période de pluie intense constitue la grandeur qui influe le plus sur le débit de pointe. Sa valeur pourra être prise égale à l'intensité moyenne maximum correspondant à la même durée sur les courbes Intensité-Durée-Fréquence caractérisant la région pluviométrique et la période de retour choisies.
  • La hauteur précipitée en dehors de la période de pluie intense joue un rôle moindre sur la valeur du débit de pointe. Sa valeur devra correspondre à une période de retour plus faible que celle pour laquelle on calcule le débit de pointe.

Le "guide de construction de la pluie de projet" (STU, 1986) fournit les données permettant de choisir ces paramètres.

Pluies de projet double triangle symétrique

Une analyse théorique du comportement du modèle du réservoir linéaire a conduit Chocat & al., (1981) à proposer des formules permettant de calculer directement les paramètres précédents. La pluie est supposée symétrique, le calcul des autres coefficients s'effectue à partir des coefficients $ a $ et $ b $ d'un ajustement de type Montana de la pluviométrie locale et d'une estimation grossière du lag time $ K $ du bassin versant à étudier. La démarche la plus simple est la suivante.

  • 1- On choisit une durée de pluie intense en fonction du lag time du bassin versant à étudier


$ t_1=0{,}5.K $
  • 2- On calcule la durée totale de la pluie :


$ t_3=10.t_1 \quad et \quad t_2=9.t_1 $
  • 3- On calcule la hauteur totale de pluie précipitée sur cette durée pour la période de retour T choisie en utilisant un ajustement de type Montana :


$ H_{max}=a(T).t_1^{b(T)+1} $
  • 4- On calcule la hauteur totale de pluie précipitée sur la durée totale de la pluie comme un pourcentage (de l'ordre de 80 à 90%) de la hauteur correspondant à la même durée pour la période de retour T choisie en utilisant un ajustement de type Montana :


$ H_{tot}=0{,}85.a(T).t_3^{b(T)+1} $
  • 5- On en déduit la hauteur précipitée en dehors de la période de pluie intense :


$ H_{res}=H_{tot}-H_{max} $
  • 6- Par des considérations géométriques simples, on en déduit les paramètres constructifs $ im $ et $ iM $ (Figure 2) :


$ im=2.\frac{H_{res}}{t_2}-H_{max} $


$ iM=\frac{2.H_{max}}{t_1}-im $
Figure 2 : Signification des paramètres iM et im.


L'intérêt de cette méthode est qu'elle peut être utilisée directement à partir des courbes intensités-durée-fréquence

Les valeurs de débits de pointe calculées sont peu sensibles aux valeurs de $ t_1 $ et $ t_2 $ (donc de $ K $). En cas d'utilisation sur un réseau drainant des bassins versants emboîtés de surfaces très différentes, il est cependant utile de tester plusieurs valeurs de $ K $.

Bibliographie

  • STU (1986) : Guide de construction et d'utilisation des pluies de projet ; 64 p.
  • Desbordes, M. & Raous, P. (1980) : Fondements de l'élaboration d'une pluie de projet urbaine : méthodes d'analyse et application à la station de Montpellier Bel Air ; La météorologie ; n°20-21 ; pp. 317- 326 ; juin 1980.
  • Chocat, B., Thibault, S., Bouyat, M. ; Etude comparative des résultats fournis par la méthode de Caquot et le modèle du réservoir linéaire ; TSM l'eau ; n°7 ; pp 417-424 ; juillet 1981.
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