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Protections pour réduire les aléas d’inondation : les aménagements de dérivation partielle des débits en crue (HU) : Différence entre versions

De Wikhydro
(Autres dérivations signalées)
(Aménagements de chenaux de décharge dans le lit moyen, souvent endigué, ou même le lit majeur, de grands cours d’eau)
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==Aménagements de chenaux de décharge dans le lit moyen, souvent endigué, ou même le lit majeur, de grands cours d’eau ==
 
==Aménagements de chenaux de décharge dans le lit moyen, souvent endigué, ou même le lit majeur, de grands cours d’eau ==
  
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===Le chenal de décharge de la Bouillie à Blois===
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Voir notamment Valette (2012), Truffer (2017) et https://www.capitale-biodiversite.fr/experiences/desartificialisation-de-la-bouillie-acculturation-du-risque-dinondation
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Cet aménagement est destiné à écouler une partie des débits en pointe de crue de la Loire.
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Le déversoir de la Bouillie, envisagé dès la fin du XVIème siècle et construit (sous le nom de déchargeoir) au milieu du XVIIème siècle, en rive gauche (sud) de la Loire, permet d’écrêter le débit des pointes de crues. Le bras principal du fleuve, endigué, a dans ce secteur, une largeur réduite à 300 m, ce qui provoquait, avant la mise en place du déversoir, une élévation du niveau d’eau en crue, inondant le bas du centre-ville, en rive droite (au nord), et sollicitant fortement la digue (levée) et les quais au nord du quartier de Vienne, essentiellement résidentiel, en rive gauche du bras principal, et mettait en charge le pont de pierre existant (remplacé, d’ailleurs, après son effondrement par suite d’une débâcle de glace pendant l’hiver 1715-1716, par le pont Jacques Gabriel mis en service en 1724). Ce déversoir latéral alimente le chenal de décharge de la Bouillie, aménagé sur le tracé d’un ancien bras secondaire du fleuve, en contournant par le sud le quartier de Vienne, avant de rejoindre le lit d’un affluent de la Loire, le Cosson.
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Par suite des 3 grandes crues du XIXème siècle, dans le cadre du Plan Comoy, le dispositif a été complété par le déversoir de sécurité de Montlivault, aménagé, de 1887 à 1890, à l’emplacement d’une brèche ouverte par ces crues, dans la digue fermant le Val du même nom. Le Val de Montlivault, d’une surface de 10 km<sup>2</sup>, permet de stocker plus de 100 millions de m<sup>3</sup>, en abaissant la ligne d’eau à Blois de plusieurs dizaines de cm. Il débouche dans le chenal de la Bouillie.
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Ce chenal a été protégé de toute urbanisation jusqu’à la fin du XIXème siècle, puis par le [[Plan de surfaces submersibles / PSS (HU)|Plan des Surfaces Submersibles (PSS)]] approuvé tardivement le 13 janvier 1968, ce qui a été confirmé par le [[Plan de prévention des risques d’inondation / PPRI (HU)|Plan de Prévention des Risques d’Inondation (PPRi)]] du val de Blois, approuvé le 2 juillet 1999, qui n’autorise dans cette zone que le simple entretien des bâtiments existants.
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Dans l’intervalle entre ces deux périodes plus rigoureuses en matière de prévention, le Conseil d’État, saisi à la fin du XIXème siècle par un recours de certains propriétaires, avait estimé que ces terrains ne sont pas une dépendance de la Loire et que, donc, les propriétaires en ont la libre disposition. Cela a eu deux conséquences :
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* alors que pendant la crue de 1907, les déversoirs et le chenal de décharge ont fonctionné, lors de celle de 1924, les riverains s’y sont opposés ;
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* pendant les 7 décennies qui ont suivi, plus de 160 constructions ont été édifiées, essentiellement après la deuxième guerre mondiale, dans les zones d’écoulement des débits provenant des deux déversoirs ; elles abritaient, en 2000, plus de 450 personnes, majoritairement âgées, économiquement fragiles, et souvent incrédules face au risque d’inondation, pourtant bien réel (habitations en rez-de-chaussée ou campements de nomades en voie de sédentarisation, très vulnérables aux aléas attendus en crues moyennes et fortes et dont la protection n’était guère possible).
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Dans le cadre du Plan Loire Grandeur Nature et du Plan de Prévention des Risques d’Inondation, il a été décidé de rendre à nouveau possible le fonctionnement en sécurité des deux déversoirs de la Bouillie, car il s’agit d’un enjeu majeur de sécurité civile. Cela impliquait un déplacement progressif de la population exposée, et l’effacement des obstacles à l’écoulement. Plutôt que d’exproprier pour cause d’utilité publique, les élus de la Communauté d’Agglomération de Blois, Agglopolys, et les autorités de l’Etat ont choisi d’instituer une Zone d'Aménagement Différé (ZAD) d’une surface de 52 ha, sur trois communes (Blois, Saint-Gervais et Vineuil), à l'intérieur de laquelle s'exercera un droit de préemption pendant une période de 14 ans, au cours de laquelle la Communauté d'Agglomération de Blois se positionnera comme acquéreur prioritaire dans toutes les transactions immobilières du secteur : cette procédure évite le traumatisme d'une expropriation, garantit le prix des biens et favorise un mode d'acquisition à l'amiable. La ZAD a été arrêtée par le Préfet du Loir-et-Cher en octobre 2003, et rendue exécutoire à partir de février 2004.
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Le financement du foncier bâti a été assuré de 2003 à 2005 dans le cadre du Contrat de Plan Interrégional (Plan Loire), et après 2005 par le Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeur (fonds Barnier), à des conditions plus avantageuses pour les vendeurs que l’évaluation par les Domaines, avec en sus des indemnités complémentaires à partir de 2008. Il a été accompagné par un volet social, avec une aide au relogement à proximité.
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Sur les 137 propriétés bâties situées dans la ZAD en 2003, 129 étaient acquises en 2017 (et la totalité en 2025), ainsi que 3 hors ZAD et 41 non bâties, 117 bâtiments démolis en 2017 (et 136 en 2025). Après acquisition, une phase de mise en sécurité des bâtiments et des terrains, puis de dépose des branchements des réseaux techniques, de démolition des bâtiments et d’aménagement des parcelles, en conservant les arbres fruitiers intéressants, réhabilitant les sols et les entretenant, dans l’attente des options d’aménagement définitif élaborées dans un dialogue maintenu avec les habitants encore présents sur le site.
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Les acquisitions et démolitions ont coûté de l’ordre de 24 M€.
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D’autres études ont suivi : d’aménagement paysager, prospective en 2010 (''Figure 6''), puis en 2012, et géotechnique ou piézométrique en 2015. Agglopolys a confié ensuite au cabinet de concepteurs-paysagistes Chorème une étude plus opérationnelle pour l’aménagement de la zone, devant proposer des orientations, déjà esquissées précédemment, pour chacun des 5 secteurs identifiés et proposant, pour ceux-ci, des scénarios d’aménagement différenciés (Voir : https://www.blois.fr/info/2021/01/projet-bouillie). Les résultats de ce travail ont été soumis courant 2021 à la réflexion des élus de l’Agglomération et des 3 communes directement concernées, et à une consultation citoyenne a été organisée, avec des ateliers participatifs (Voir : https://www.agglopolys.fr/Actualite/5821/1386-actualites.htm), qui a donné lieu à une forte participation malgré les difficultés de la crise sanitaire.
  
  
 
[[Catégorie:Dictionnaire_DEHUA]]
 
[[Catégorie:Dictionnaire_DEHUA]]
 
[[Catégorie:Protections_pour_réduire_les_aléas_d'inondation_(HU)]]
 
[[Catégorie:Protections_pour_réduire_les_aléas_d'inondation_(HU)]]

Version du 31 août 2026 à 10:20

Traduction anglaise : Protections to reduce flood hazards : partial flood diversion measures

En chantier.PNG Article en chantier

Dernière mise à jour : 31/08/2026

Un aménagement hydraulique de dérivation partielle des débits maximaux d’un cours d’eau en crue forte consiste :

  • à prélever, en amont d’une zone où les risques d’inondation sont importants, ou via un déversoir de sécurité d’un système d’endiguement, une partie suffisante de ces débits pour y réduire sensiblement les aléas,
  • à les écouler, et parfois en stocker transitoirement une partie,
  • puis les déverser :
    • dans ce même cours d’eau, dans un tronçon aval au niveau duquel les risques d’inondation sont moindres (du fait d’une vulnérabilité faible et compensable des zones riveraines ou d’une plus grande capacité d’écoulement dans son lit mineur ou moyen),
    • ou dans un autre cours d’eau, voire un plan d’eau.

Nota : Nous de développons dans cet article que les cas où l’écoulement (notamment en aval des déversoirs de sécurité de systèmes d’endiguement) est dominant par rapport à des stockages qui amortiraient ses effets dans le val où il se produit. Le cas où cette dérivation comporte un stockage intermédiaire prédominant de ces eaux prélevées en pointe de crue et une restitution en fin de crue, ou après, via des canaux d’alimentation et de restitution est traité dans l’article "Protections pour réduire les aléas d’inondation : les casiers d’inondation (HU)".

Sommaire

Introduction

Contenu de l'article

Cet article, après avoir rappelé les thèmes abordés dans l’article "Protections pour réduire les aléas d’inondation : vue globale (HU)" et le titre des autres articles longs sur les divers types de ces protections, apporte des éléments spécifiques concernant les dispositifs de dérivation d’une partie des débits maximaux des fortes crues vers :

  • d’autres cours d’eau ou des plans d’eau exutoires, en donnant des exemples d’aménagements mis en service :
    • au 3ème siècle avant J.-C., trois dérivations réalisées en Chine ;
    • en 1982, le renforcement d’une dérivation partielle des débits de forte crue du Haut-Rhône au niveau de la retenue hydroélectrique de Belley (01) vers la plaine de Chautagne et le Lac du Bourget ;
    • en 2008, sur le Lez en amont de Lattes (34), avec un déversoir latéral partiteur alimentant un chenal d’écoulement vers l’étang côtier de Méjean via le lit majeur terrassé de la Lironde, petit cours d’eau qui s’y jette ;
    • d’autres cas signalés ;
  • des chenaux de décharge en lit moyen ou majeur du cours d’eau ponctionné en crue, ou en direction d’un autre exutoire, fonctionnant lorsque le niveau d’eau dans le bras principal ou le lit mineur atteint des valeurs devenant dangereuses pour les systèmes d’endiguement qui le bordent ou les zones riveraines qui en sont dépourvues, en donnant les exemples :
    • du déversoir et du chenal de la Bouillie à Blois, aménagé du XVIIème siècle puis repris aux XIXème et XXIème siècles ;
    • des dérivations partielles en crue aménagées dans le delta commun du Rhin de la Meuse et de l’Escaut aux Pays-Bas, dans le cadre du programme néerlandais "Ruimte voor de River" ("faire de la place au cours d’eau"), notamment : à Nimègue (Nijmegen, en néerlandais), depuis le Waal, branche principale du Delta du Rhin, vers un nouveau bras secondaire, le Canal Reevediep, et à Kampen, depuis l’Ijssel, branche la plus septentrionale du Delta, vers les Lacs Drontenmeer puis Ijsselmeer, via le nouveau canal de décharge Reevediep ;
  • des chenaux d’écoulement ou autres ouvrages, aménagés dans le lit majeur des cours d’eau pour écouler (et éventuellement stocker transitoirement) les eaux de surverses des déversoirs de sécurité des systèmes d’endiguement sans trop de dommages, en évoquant la nécessité de consolider les savoir-faire pour de tels aménagements, et en citant les cas des Vals de Tours et d’Orléans en bord de Loire.

Rappel des principaux thèmes abordés dans les articles longs portant sur les protections pour réduire les aléas d’inondation

L’article "Protections pour réduire les aléas d’inondation : vue globale", présente :

  • l’évolution très progressive de la demande sociale au cours de ces dernières décennies en matière de réduction du risque d’inondation : moins exclusivement centrée sur des ouvrages nouveaux d’atténuation des aléas et plus orientée vers une diversification des mesures de réduction des aléas d’inondation et, pour la protection, une priorité donnée aux renforcements et améliorations des ouvrages existants ;
  • un certain nombre de définitions de base pour les ouvrages et aménagements hydrauliques de protection et leur contexte ;
  • les évolutions législatives ou organisationnelles récentes visant à renforcer, sécuriser, accélérer et compléter les protections existantes ;
  • les contextes réglementaire et organisationnel des ouvrages hydrauliques pour l’ensemble des ouvrages hydrauliques (barrages et systèmes d’endiguement ou autres aménagements utilisant des digues), ainsi que leur sécurité, et la méthodologie de leur mise en œuvre.
  • la présentation rapide du contenu des différents articles de la catégorie "Protections pour réduire les aléas d’inondation".

Les aspects plus spécifiques concernant chacun des types d’aménagements autres que les dérivations partielles de débit sont traités dans les articles suivants :

Les dérivations partielles des débits en crue d’un cours d’eau vers un autre ou vers un autre exutoire

Les dérivations partielles des débits en crue de cours d’eau en Chine vers 250 ans avant J.-C.

L’ouvrage de dérivation de Du Jiang Yan, sur la rivière Min (dans le Si Chuan actuel)

Voir Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Système_d’irrigation_de_Dujiangyan et, en anglais.

Le royaume de Qin (qui unifiera la Chine en Empire, pour la première fois, en 221 avant J.-C., en ayant vaincu successivement les 6 autres grands royaumes), prend, à la fin de la période des Royaumes combattants, le contrôle de la région de Chengdu (dans le Sichuan actuel), alors pauvre, peu peuplée et soumise aux inondations régulières par la rivière Min. Ces inondations étaient la conséquence, notamment, de la rupture de pente de la ligne d’eau de la rivière qui, après avoir dévalé des Monts Min, sur le plateau tibétain, arrive dans la plaine, en y déposant massivement les sédiments entrainés jusque-là. Cela, de plus, gênait fortement la navigation nécessaire pour le déplacement des troupes et leur ravitaillement. Le roi de Qin, Zhaoxing, a demandé en 256 avant J.-C. au gouverneur Li Bing, qu’il avait mis en place depuis une vingtaine d’années, de concevoir un aménagement pour diminuer ces divers inconvénients. Celui-ci a proposé, avec son fils Er Lang, plutôt qu’un barrage, un ensemble remarquable d’ouvrages permettant à la fois de :

  • détourner une partie du débit par un canal à creuser de façon à :
    • diminuer le débit maximum des crues de la Min localement et en aval,
    • profiter du fait qu’on se situe là au point haut de la plaine de Chengdu, très sèche alors, pour l’irriguer, via un réseau à multiples branches, ce qui demandait de ménager un accès, à travers une barre rocheuse, dans les contreforts du Mont Yulei, qui séparait ce site de la plaine plus en aval, laquelle se développe au sud-est,
  • mieux gérer les sédiments ;
  • améliorer, voire régulariser, les conditions de navigation.

Les principaux composants de cet aménagement sont, de l’amont vers l’aval :

  • une île artificielle, dont le bec amont a été dénommé "gueule de poisson" ("fish mouth", en anglais, dans le schéma d’ensemble de la Figure 1) constituée pour créer un deuxième bras (le "flux intérieur"), de la rivière orienté vers le canal de dérivation ;
  • des seuils formés avec des gabions constitués de galets enveloppés dans des lames de bambous tressées (Figure 2), disposés à divers niveaux pour diriger vers l’entrée du canal, le goulot de bouteille ("bottle neck", en anglais dans la "figure 1") qui permet :
    • hors crue, un débit assez régulier et peu chargé en sédiments (en évitant notamment les sédiments plus grossiers déplacés par charriage) ;
    • en crue, d'accepter un débit accru, pouvant atteindre 60 % du débit total maximal grâce à la configuration de l’aménagement et de plus, semble-t-il, à des déversoirs fusibles basculant à partir d’un niveau d’eau amont suffisamment élevé ; ce débit important permet de réduire les aléas d’inondation pour les riverains de la rivière Min mais aussi de provoquer des effets de chasse des sédiments accumulés dans le nouveau bras ainsi que dans le canal de dérivation vers les abords de Chengdu ;
  • le canal de dérivation d’une partie des pointes de crue et du débit nécessaire à l’irrigation, dispositif-clé du système, qui a dû être creusé sur une grande profondeur ; cette performance remarquable au regard des moyens techniques disponibles à l'époque a été réalisée grâce à :
    • des techniques de creusement à la barre à mine combinées à l’alternance de chauffages et de refroidissements de la roche pour la fracturer,
    • la mobilisation d’au moins une dizaine de milliers de personnes pendant 8 ans, mobilisation possible du fait du financement important accordé par le roi Zhaoxing et maintenu après sa mort en 251 avant J.-C..


Figure 1 : Schéma de l’aménagement hydraulique de Dou Jiang Yan ; Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Dujiangyan.


Figure 2 : Démonstration de fabrication de gabion en bambou tressé utilisés pour la construction des digues du système d'irrigation conçu vers 256 avant J.-C à Doujiangyan (province du Sichuan, Chine) ; Source :

Après sa mise en service en 246 avant J.-C., l’aménagement a fonctionné quasi sans interruption durable pendant les plus de 2 270 années qui se sont écoulées depuis. Cette longévité exceptionnelle apparait due :

  • à son efficacité reconnue de façon continue : les inondations catastrophiques dues aux crues de la Min se sont notablement raréfiées ; la prospérité agricole de la plaine de Chengdu a été assurée par l’irrigation, assurée actuellement sur plus de 6 600 km2 ;
  • à sa résilience fondée sur la simplicité et la pertinence des moyens utilisés, la disponibilité locale des matériaux nécessaires aux réparations et la culture d’observation et de compréhension de son fonctionnement, qui ont permis de le remettre en état en moins d’un an après les atteintes subies, qu’elles soient naturelles (crues ou tremblements de terre, comme le 12 mai 2008), et de le faire évoluer au cours des siècles.

Cet aménagement a été inscrit par l’UNESCO sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité, conjointement au tout proche mont Qingcheng, berceau du taoïsme : Voir Fiche n° 1001 de l’UNESCO.

Les canaux de Zheng Guo et de Lingqu, réalisés dans les décennies suivantes

L’aménagement de Du Jiang Yan a servi de référence à deux autres canaux remarquables édifiés dans les décennies qui ont suivi, toujours sous l’autorité de la dynastie des rois de Chin, et dans ce cas, la direction de l’hydraulicien Cheng Guo.

Le canal de Zheng Guo

Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Canal_Zhengguo

Cet aménagement a été commandé par Lü Buwei, régent du jeune roi de Qin, Ying Zheng (deuxième successeur du roi Zhaoxing et futur premier empereur, sous le nom de Qin Shi Huang à partir de 221 avant J.-C.) (le nom du canal vient de la contraction de ceux du roi et de l’hydraulicien). Le projet, essentiellement de navigation et d’irrigation, consistait à créer, dans la plaine de Guangzhong au nord de Xian, une liaison hydraulique entre les rivières Jing et Luo, deux affluents assez parallèles de la rivière Mei, par un canal principal de 126 km de long alimentant une multitude de branches secondaires desservies à tour de rôle par un système de vannes. Ce canal permettait d’apporter régulièrement de l’eau dans un réseau couvrant 2 600 km2 , qui a renforcé la prospérité des agriculteurs et le montant des taxes qu’ils devaient verser au roi de Qing pour l’aider à financer ses guerres de conquête. Lancé en 246 avant J.-C., il a été réalisé en une dizaine d’années.

Le canal de Lingqu

voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Canal_Lingqu.

Cet aménagement a été commandé par l’empereur Qin Shi Huang désireux de poursuivre ses conquêtes vers le sud de la Chine, avait pour principal objectif d’ouvrir une voie de navigation fluviale pour ses troupes et leur ravitaillement vers le bassin versant de la rivière des Perles (Zhu Jiang), qui se jette dans la mer de Chine du sud, par son delta (où se sont développées depuis les agglomérations de Guangzhu, Canton et Hong-Kong). Ce canal, qui existe encore, même s’il a été assez fortement modifié depuis, relie la rivière Xiang (qui coule vers le nord pour rejoindre le fleuve Yangzi Jiang) à la rivière Li (plus à l’ouest, qui coule vers le sud, dans le bassin de la rivière des Perles). Sur le site du canal, près de Guilin (province du Guangxi), les deux rivières distantes à vol d’oiseau de 5 km, ont pu être reliées par un canal, alors sans écluses, suivant une ligne de niveau à hauteur d’un col, sur une longueur de 8,5 km, sa largeur étant de 4,5 m et son tirant d’eau de 1 m ; il est alimenté par la rivière Xiang, via un bief régulant le débit qui y est dérivé, et rejoint le lit de la Li, canalisé sur 22 km. Le canal a, semble-t-il, aussi été utilisé pour écrêter les crues de l’une ou l’autre des rivières.

Nota : Le grand canal de Chine (Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Canal_(Chine)), construit par segments depuis le Vème siècle avant J.-C., sur près de 1 800 km en remontant vers le nord, relie les fleuves : Qiantang, à Hangzhou (au sud-est de Shanghaï) ; Yangzi Jiang (Yang Tsé Kiang, dit fleuve bleu, dans les villes de Zhenjiang (rive sud) et de Yangzhou (rive nord) ; Huai He (à Huai’an) ; Huang He (le fleuve jaune, au niveau de la ville de Liaocheng) ; et Hai He (au niveau de Pékin). Son objectif, était initialement de faciliter la logistique militaire des souverains de l’Etat de Wu (établi autour de l’embouchure du Yangzi Jiang), pour leurs conquêtes vers le nord. Son tracé s’est développé au cours des siècles, jusqu’à devenir, notamment à partir du XIVème siècle de notre ère, une artère majeure pour le transport des céréales (riz vers le nord, blé vers le sud) et des matières premières, ainsi que pour asseoir l’autorité des empereurs. Il s’agit d’un ouvrage remarquable, mais il n’a pas de fonction de réduction des risques d’inondation.

La dérivation partielle des eaux de la Marne en crue, de Joinville-le-Pont à Saint Maur

Cet aménagement a été mis en place pour éviter des débordements le long de la Boucle de Saint-Maur et en amont. Il a été mis en service initialement en 1825, modifié pour réduire les risques d’inondation en 1930, puis modernisé en 2017.

Depuis 1825, une dérivation de la Marne (un canal dans un tunnel de 600m de long suivi d’une écluse) évite à la navigation les 13 km de la grande boucle qui entoure la ville de Saint-Maur. Le projet avait été initié dès 1805 sous le 1er Empire (Voir Fluvial.net/Murmures).

Par suite des crues de 1910 et de 1925, il a été décidé par l’État de donner une deuxième fonction à cette dérivation : en complément des murettes couronnant les digues le long de la boucle, capter une partie du débit de la Marne en crue pour réduire les aléas d’inondation sur ce trajet ainsi qu’en amont, ce qui concerne en tout 15 communes actuellement situées dans les départements du Val de Marne et de la Seine-Saint-Denis. Les travaux réalisés au début des années 1930 comprenaient l’élargissement du tunnel de Saint-Maur et la pose d’une vanne secteur en aval de l’écluse terminale assurant la jonction avec la Marne en fin de cette boucle (Voir Figure 3).


Figure 3 : Cartographie schématique de la déviation partielle de la Marne en crue, de Joinville-le-Pont à Saint-Maur ; Source : Fluvial.net/Murmures.

Le principe de fonctionnement était le suivant :

  • en période normale de navigation (hors crue), cette vanne restait effacée dans le radier de l’écluse ;
  • dès que le niveau des "plus hautes eaux navigables" (PHEN) était atteint, les portes amont de l’écluse étaient fermées et la vanne relevée, puis les portes réouvertes ; la vanne pouvait alors être progressivement abaissée pour assurer une décharge hydraulique contrôlée d’une partie du débit de crue, en limitant, tant que la débitance du canal et de la vanne le permet, le niveau dans la Marne le long de la boucle, sur le trajet partiellement court-circuité (Voir Figure 4).


Figure 4 : Représentation du mode déclenchement de la déviation partielle de la Marne en crue de de Joinville-le-Pont à Saint-Maur ; Source : https://www.valdemarne.fr/vivre-en-val-de-marne/actualites/une-nouvelle-vanne-anti-crue-pour-lecluse-de-joinville/saint-maur.

Mis en service en 1933, on a pu estimer, par exemple, que cet aménagement, lors de la crue de janvier 1955, a permis d’abaisser de plus de 50 cm le niveau maximal de la Marne à Joinville-le-Pont. Il a été utilisé jusqu’en 1999, lorsque la vanne secteur s’est avérée irréparable.

Par suite de la crue de juin 2016, il a été décidé de remplacer la vanne aval "anti-crues", devenue hors d’usage, à l’initiative du Département du Val de Marne, qui s’est porté maître d’ouvrage des travaux, dans le cadre du PAPI 1 Seine et Marne franciliennes (2013-2020). La nouvelle vanne, haute de 6,80 m et large de 12 m, pesant 45 tonnes, a été mise en place, dans l’écluse réaménagée, en un mois, à cheval sur septembre et octobre 2017, et elle a été activée de façon opérationnelle le 6 février 2021 (Voir Figure 5 et EPTB Seine Grands Lacs (2023), au § 2.3.4. en p. 11 et 12).


Figure 5 : Vanne secteur de l’écluse de Saint-Maur, installée en octobre 2017 en remplacement de celle mise en place en 1933 : à gauche, pendant sa pose ; à droite, sa première utilisation opérationnelle le 6 février 2021 ; Source : https://www.planete-tp-plus.com/fr/spip.php?article3910.

Il a été évalué qu’en cas de crue importante de la Marne, l’abaissement régulé de cette vanne permettra de réduire de plusieurs dizaines de centimètres (allant jusqu’à 50-60 cm) le niveau de la Marne en crue dans les communes bordant la Marne entre Joinville-le-Pont et l’écluse de Saint-Maur, en ne générant une hausse que de l’ordre du cm à l’aval de la confluence avec la Seine.

La dérivation partielle des débits maximaux des crues importantes du Haut-Rhône

Voir Degoutte et al. (2012 ) en p. 4 et 5 de l’Annexe 2.

Cette dérivation a été assurée lors d'un réaménagement réalisé en 1982 par la Compagnie Nationale du Rhône en amont du barrage hydroélectrique de Belley vers la plaine de Chautagne et le Lac du Bourget.

Le canal de Savières était un petit cours d’eau exutoire du Lac du Bourget, venant se jeter plus au nord dans le Haut-Rhône. Il existait depuis le néolithique et traversait la zone humide de la Chautagne. L’écoulement s’inversait naturellement lorsque le Rhône était en en crue assez forte : la vaste plaine de la Chautagne (30 km2) puis le Lac du Bourget lui-même (d’une surface d'à peu près 45 km2), recevaient ses eaux débordantes. Le cours d'eau naturel a été canalisé au XIXème siècle. Puis, à l’occasion de la construction de l’aménagement hydroélectrique de Belley par la Compagnie Nationale du Rhône en 1982, il a été complété par le petit barrage de Bessières, qui règle le niveau du canal, et donc du Lac.

Ce fonctionnement a été maintenu, de manière plus maîtrisable, pour dériver partiellement une partie des pointes des crues les plus fortes du Rhône. Lorsque le débit du Rhône dépasse des valeurs dangereuses pour les zones inondables à l’aval, il est écrêté par une digue latérale déversante en rive gauche, raccordée à son amont à une digue dite insubmersible (non submergée jusqu’à la crue millénnale), plus haute de 90 cm. Cette digue déversante est complétée, à son aval, par un déversoir plus court, surbaissé de 60 cm, qui forme, dès que le débit du Rhône atteint 700 m3/s, au pied de la digue côté plaine, un matelas d’eau qui amortit les effets érosifs de la surverse. Cette dérivation abaisse le débit maximum des crues du Rhône à l’amont de Lyon de façon notable : plus de 100 m3/s pour les décennales, de 570 m3/s pour les centennales et de 1350 m3/s pour la millénale, ce qui réduit ce débit de 4 150 m3/s à 2 800 m3/s.

Trois autres aménagement similaires ont été réalisés par la CNR en amont de Lyon, et quatre en aval. Ces aménagements sont équipés de digues déversantes et/ou de déversoirs, ainsi que de siphons s’amorçant à un niveau déterminé du Rhône en amont ; ils inondent des zones d’expansion de crues par une remontée progressive de la ligne de remous. L'aménagement du canal de Savière est le plus efficace de tous.

La dérivation partielle des débits de crue du Lez

Voir Degoutte et al. (2012 ), p. 27 et 46, et Quièvremont (2006).

Cette dérivation repose sur un déversoir "partiteur" et son chenal de décharge. Cet aménagement a été construit en 2008 par la Communauté d’Agglomération de Montpellier (devenue Métropole en 2015), sur la digue bordant le Lez en rive gauche, avant sa traversée des commues de Lattes, puis de Palavas-les-Flots où il se jette dans la Méditerranée. Conçu pour fonctionner à partir de la crue trentennale (débit maximal de l’ordre de 400 à 450 m3/s), il permet de limiter, à hauteur des deux communes, le débit maximal de la crue centennale du fleuve (précédemment de 755 m3/s) à 570 m3/s. D’une longueur de 150 m, il forme dans la digue rive gauche du Lez un creux de 1,80 m par rapport au profil antérieur de sa crête, et alimente un chenal d’écoulement terrassé large de 150 m à 200 m et long de 4 km, en bonne partie endigué, qui se raccorde à la Lironde, dont le lit a été recalibré pour écouler 200 m3/s, et qui rejoint ensuite l’étang de Méjean. Le chenal d’évacuation des débits surversés a été partiellement endigué pour protéger des zones riveraines.

Lors d'une deuxième phase, cet aménagement a été complété, à l’aval du déversoir, par une opération de renforcement important des digues bordant le Lez, et leur rehaussement (dans les points bas de leur crête). Ce nouvel aménagement permet d’écouler un débit de l’ordre de 750 m3/s dans le Lez à l’aval du déversoir partiteur. Cette phase 2 a abouti en 2014. Elle avait été beaucoup soutenue par un rapport d’inspection (Quièvremont et al., 2006), qui posait aussi la question d’une phase 3, complémentaire (concernant, par exemple, un "déversoir extrême" à l’amont, pour limiter le risque qu’un évènement plus important que les crues de projets se transforme en catastrophe pour les riverains.

Autres dérivations signalées

Tourment et al. (2016) signalent aussi d’autres réalisations de dérivations partielles de débit en crues fortes :

  • celle de l’Aude à Coursan, près de Narbonne, via un chenal d’une longueur de l’ordre de 2,5 km, contournant par le nord ce village groupé, accompagné d’améliorations de son entonnement et de son retour vers l’Aude, d’abaissement des seuils d’un déversoirs sur chaque rive de l’Aude, ainsi que de renforcements de digues et de berges. Ce projet longtemps contesté par les viticulteurs riverains et des habitants des zones inondables à habitat dispersé, bien que beaucoup moins impactant qu’un projet antérieur, a finalement pu aboutir. Après une enquête publique menée en 2024 et les travaux réalisés de mars à juillet 2025, ces aménagements ont montré leur efficacité lors de la crue du 19 janvier 2026, dont le débit maximum a été de l’ordre de 1 000 m3/s (période de retour statistique d’un peu moins de 5 ans) ;
  • à une toute échelle, les dérivations dans le réseau maillé de l’embouchure du Mississippi, entre branches réaménagées et connexions par des déversoir.

Aménagements de chenaux de décharge dans le lit moyen, souvent endigué, ou même le lit majeur, de grands cours d’eau

Le chenal de décharge de la Bouillie à Blois

Voir notamment Valette (2012), Truffer (2017) et https://www.capitale-biodiversite.fr/experiences/desartificialisation-de-la-bouillie-acculturation-du-risque-dinondation

Cet aménagement est destiné à écouler une partie des débits en pointe de crue de la Loire.

Le déversoir de la Bouillie, envisagé dès la fin du XVIème siècle et construit (sous le nom de déchargeoir) au milieu du XVIIème siècle, en rive gauche (sud) de la Loire, permet d’écrêter le débit des pointes de crues. Le bras principal du fleuve, endigué, a dans ce secteur, une largeur réduite à 300 m, ce qui provoquait, avant la mise en place du déversoir, une élévation du niveau d’eau en crue, inondant le bas du centre-ville, en rive droite (au nord), et sollicitant fortement la digue (levée) et les quais au nord du quartier de Vienne, essentiellement résidentiel, en rive gauche du bras principal, et mettait en charge le pont de pierre existant (remplacé, d’ailleurs, après son effondrement par suite d’une débâcle de glace pendant l’hiver 1715-1716, par le pont Jacques Gabriel mis en service en 1724). Ce déversoir latéral alimente le chenal de décharge de la Bouillie, aménagé sur le tracé d’un ancien bras secondaire du fleuve, en contournant par le sud le quartier de Vienne, avant de rejoindre le lit d’un affluent de la Loire, le Cosson.

Par suite des 3 grandes crues du XIXème siècle, dans le cadre du Plan Comoy, le dispositif a été complété par le déversoir de sécurité de Montlivault, aménagé, de 1887 à 1890, à l’emplacement d’une brèche ouverte par ces crues, dans la digue fermant le Val du même nom. Le Val de Montlivault, d’une surface de 10 km2, permet de stocker plus de 100 millions de m3, en abaissant la ligne d’eau à Blois de plusieurs dizaines de cm. Il débouche dans le chenal de la Bouillie.

Ce chenal a été protégé de toute urbanisation jusqu’à la fin du XIXème siècle, puis par le Plan des Surfaces Submersibles (PSS) approuvé tardivement le 13 janvier 1968, ce qui a été confirmé par le Plan de Prévention des Risques d’Inondation (PPRi) du val de Blois, approuvé le 2 juillet 1999, qui n’autorise dans cette zone que le simple entretien des bâtiments existants.

Dans l’intervalle entre ces deux périodes plus rigoureuses en matière de prévention, le Conseil d’État, saisi à la fin du XIXème siècle par un recours de certains propriétaires, avait estimé que ces terrains ne sont pas une dépendance de la Loire et que, donc, les propriétaires en ont la libre disposition. Cela a eu deux conséquences :

  • alors que pendant la crue de 1907, les déversoirs et le chenal de décharge ont fonctionné, lors de celle de 1924, les riverains s’y sont opposés ;
  • pendant les 7 décennies qui ont suivi, plus de 160 constructions ont été édifiées, essentiellement après la deuxième guerre mondiale, dans les zones d’écoulement des débits provenant des deux déversoirs ; elles abritaient, en 2000, plus de 450 personnes, majoritairement âgées, économiquement fragiles, et souvent incrédules face au risque d’inondation, pourtant bien réel (habitations en rez-de-chaussée ou campements de nomades en voie de sédentarisation, très vulnérables aux aléas attendus en crues moyennes et fortes et dont la protection n’était guère possible).

Dans le cadre du Plan Loire Grandeur Nature et du Plan de Prévention des Risques d’Inondation, il a été décidé de rendre à nouveau possible le fonctionnement en sécurité des deux déversoirs de la Bouillie, car il s’agit d’un enjeu majeur de sécurité civile. Cela impliquait un déplacement progressif de la population exposée, et l’effacement des obstacles à l’écoulement. Plutôt que d’exproprier pour cause d’utilité publique, les élus de la Communauté d’Agglomération de Blois, Agglopolys, et les autorités de l’Etat ont choisi d’instituer une Zone d'Aménagement Différé (ZAD) d’une surface de 52 ha, sur trois communes (Blois, Saint-Gervais et Vineuil), à l'intérieur de laquelle s'exercera un droit de préemption pendant une période de 14 ans, au cours de laquelle la Communauté d'Agglomération de Blois se positionnera comme acquéreur prioritaire dans toutes les transactions immobilières du secteur : cette procédure évite le traumatisme d'une expropriation, garantit le prix des biens et favorise un mode d'acquisition à l'amiable. La ZAD a été arrêtée par le Préfet du Loir-et-Cher en octobre 2003, et rendue exécutoire à partir de février 2004.

Le financement du foncier bâti a été assuré de 2003 à 2005 dans le cadre du Contrat de Plan Interrégional (Plan Loire), et après 2005 par le Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeur (fonds Barnier), à des conditions plus avantageuses pour les vendeurs que l’évaluation par les Domaines, avec en sus des indemnités complémentaires à partir de 2008. Il a été accompagné par un volet social, avec une aide au relogement à proximité.

Sur les 137 propriétés bâties situées dans la ZAD en 2003, 129 étaient acquises en 2017 (et la totalité en 2025), ainsi que 3 hors ZAD et 41 non bâties, 117 bâtiments démolis en 2017 (et 136 en 2025). Après acquisition, une phase de mise en sécurité des bâtiments et des terrains, puis de dépose des branchements des réseaux techniques, de démolition des bâtiments et d’aménagement des parcelles, en conservant les arbres fruitiers intéressants, réhabilitant les sols et les entretenant, dans l’attente des options d’aménagement définitif élaborées dans un dialogue maintenu avec les habitants encore présents sur le site.

Les acquisitions et démolitions ont coûté de l’ordre de 24 M€.

D’autres études ont suivi : d’aménagement paysager, prospective en 2010 (Figure 6), puis en 2012, et géotechnique ou piézométrique en 2015. Agglopolys a confié ensuite au cabinet de concepteurs-paysagistes Chorème une étude plus opérationnelle pour l’aménagement de la zone, devant proposer des orientations, déjà esquissées précédemment, pour chacun des 5 secteurs identifiés et proposant, pour ceux-ci, des scénarios d’aménagement différenciés (Voir : https://www.blois.fr/info/2021/01/projet-bouillie). Les résultats de ce travail ont été soumis courant 2021 à la réflexion des élus de l’Agglomération et des 3 communes directement concernées, et à une consultation citoyenne a été organisée, avec des ateliers participatifs (Voir : https://www.agglopolys.fr/Actualite/5821/1386-actualites.htm), qui a donné lieu à une forte participation malgré les difficultés de la crise sanitaire.

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