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Analyse coût bénéfice / ACB (HU) : Différence entre versions

De Wikhydro
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Pour ces raisons cette méthode est très délicate à manipuler pour optimiser la dimension des ouvrages. La méthode dire de Rationalisation des choix budgétaires (RCB) qui reposait sur des principes voisins a d'ailleurs été "officiellement" abandonnée dans les années 1980.
 
Pour ces raisons cette méthode est très délicate à manipuler pour optimiser la dimension des ouvrages. La méthode dire de Rationalisation des choix budgétaires (RCB) qui reposait sur des principes voisins a d'ailleurs été "officiellement" abandonnée dans les années 1980.
  
Feuillette ''et al'' (2016) suite à l'étude de 710 dossiers d'analyse coût-bénéfice ([[Analyse coût bénéfice / ACB (HU)|ACB]]) menés par les agences de l'eau durant la période 2010-2015 remettent également en cause l'intérêt d'utiliser des méthodes de type monétaire pour justifier des actions dans le domaine de la gestion des milieux aquatiques du fait en particulier de la difficulté à ramener à des termes monétaires des bénéfices relatifs à l'environnement. Ils notent également que l'utilisation des ACB peut être manipulée par certains acteurs économiques pour influer sur le processus de décision en exagérant les coûts.
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Feuillette ''et al'' (2016) suite à l'étude de 710 dossiers d'ACB menés par les agences de l'eau durant la période 2010-2015 remettent également en cause l'intérêt d'utiliser des méthodes de type monétaire pour justifier des actions dans le domaine de la gestion des milieux aquatiques du fait, en particulier, de la difficulté à ramener à des termes monétaires des bénéfices relatifs à l'environnement. Ils notent également que l'utilisation des ACB peut être manipulée par certains acteurs économiques pour influer sur le processus de décision en exagérant les coûts.
  
 
==En guise de conclusions==
 
==En guise de conclusions==

Version du 22 avril 2020 à 08:33

Traduction anglaise : Cost-benefits analysis

Dernière mise à jour : 8/4/2020

Méthode d’analyse économique visant à évaluer et comparer, en termes monétaires, les bénéfices et les coûts d'un projet, d'un plan ou d'une stratégie.

Sommaire

Principe de la méthode

La méthode vise à mesurer l’intérêt économique qu’une société dans son ensemble peut avoir, par exemple, à mettre en œuvre des mesures de gestion et de prévention des inondations ou de préservation de la qualité d'un milieu aquatique.

Elle consiste à monétiser la totalité des coûts (notion de coût global) associés à différentes stratégies possibles de prévention des risques et à comparer ces coûts aux bénéfices attendus, calculés en fonction des dommages évités et éventuellement des bénéfices directs ou indirects induits. La balance entre ces deux termes est supposée permettre de choisir la stratégie la plus efficace. Cette méthode est en particulier utilisée dans le cadre de l'application de la Directive Cadre sur l'Eau pour déterminer si une dérogation au principe du retour au bon état peut être obtenue en argumentant sur la notion de coût disproportionné.

Illustration de la méthode

Cette méthode peut être illustrée simplement par l'exemple du calcul optimum du volume d'un barrage écrêteur de crue (voir figure 1).

Figure 1 : Exemple de recherche du niveau optimum de protection que doit offrir un barrage.
  • Le coût du barrage (en vert) augmente naturellement avec le volume de la retenue. Des considérations assez simples sur le cout des digues de barrages permettent de considérer que l'augmentation du cout est plus rapide que l'augmentation du volume stocké (le coût du m3 stocké augmente avec le volume de la retenue), on obtient donc la courbe rouge sur le coût de l'ouvrage.
  • Le coût des dégâts (ou plus exactement l'espérance mathématiques du coût des dégâts car les crues constituent des événements aléatoires que l'on ne peut estimer que de façon statistique) (en bleu) décroît logiquement lorsque le niveau de protection augmente. La courbe tendant asymptotiquement vers zéro.
  • Le coût global (en rouge), somme du coût du barrage et du coût des dégâts passe donc par un minimum qui permet de déterminer le dimensionnement optimum du barrage.

Ces coûts sont calculés sur une durée arbitraire, mais longue (ordre de grandeur du siècle).

Risque de mauvaise utilisation de la méthode

Cette méthode en apparence très rigoureuse repose en fait sur différentes hypothèses et en particulier deux qui sont très difficiles à vérifier :

  • hypothèse 1 : tout est monétisable, y compris les aspects sociologiques ou psychologiques associées à une inondation et on est capable d'évaluer ces différents coûts dans un futur relativement lointain ;
  • hypothèse 2 : la vulnérabilité de la zone exposée protégée en partie par l'ouvrage sera la même quel que soit le niveau de protection offert par celui-ci.

La première hypothèse est manifestement d'autant plus fausse que la durée d'analyse est longue. Par exemple qui peut dire comment la société évaluera le coût d'une vie humaine dans 50 ou dans 100 ans?

L'expérience montre également que la seconde hypothèse est généralement fausse. L'ouvrage donne une fausse impression de sécurité en contrôlant les crues pendant une longue période, ce qui conduit de façon presque inéluctable à un relâchement des contraintes et à une forte augmentation de la vulnérabilité dans la zone exposée. Le jour où une crue plus forte excède la capacité de l'ouvrage les dégâts sont considérablement plus forts que ceux envisagés au moment du projet.

Pour ces raisons cette méthode est très délicate à manipuler pour optimiser la dimension des ouvrages. La méthode dire de Rationalisation des choix budgétaires (RCB) qui reposait sur des principes voisins a d'ailleurs été "officiellement" abandonnée dans les années 1980.

Feuillette et al (2016) suite à l'étude de 710 dossiers d'ACB menés par les agences de l'eau durant la période 2010-2015 remettent également en cause l'intérêt d'utiliser des méthodes de type monétaire pour justifier des actions dans le domaine de la gestion des milieux aquatiques du fait, en particulier, de la difficulté à ramener à des termes monétaires des bénéfices relatifs à l'environnement. Ils notent également que l'utilisation des ACB peut être manipulée par certains acteurs économiques pour influer sur le processus de décision en exagérant les coûts.

En guise de conclusions

Il n'en demeure pas moins que la méthode ACB, comme d'ailleurs d’autres approches économiques, telles que l’analyse coût/efficacité, la méthode d’évaluation contingente, la méthode des prix hédoniques, la méthode des choix conjoints, etc. (voir Ledoux et al, 2007) permettent d'éclairer les choix sur l’exposition d’un territoire au risque inondation, et de réfléchir à la part sur laquelle on peut agir. De la même façon il est nécessaire de disposer de critères objectifs pour décider de l'intérêt ou non d'entreprendre une action de réhabilitation d'un écosystème. Les méthodes de ce type sont donc très utiles. Le tout est de ne pas vouloir leur faire dire plus que ce qu'elles sont capables de dire et surtout de ne pas les instrumentaliser pour justifier des choix qui ne peuvent être que politiques.

Bibliographie :

Pour en savoir plus :

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