Protections pour réduire les aléas d’inondation : les systèmes d’endiguement et leurs compléments (HU) : Différence entre versions
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Ces obligations sont définies dans l’article [https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044938019 R 214-122 du Code de l’Environnement], modifié par le [https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000044637932/ décret n° 2021-1902 du 29 décembre 2021] (dans son article 8) et dans l’[https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046179633 Arrêté ministériel du 8 août 2022] précisant les obligations documentaires et la consistance des vérifications et visites techniques approfondies des ouvrages hydrauliques autorisés ou concédés. Ces obligations sont les suivantes : | Ces obligations sont définies dans l’article [https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044938019 R 214-122 du Code de l’Environnement], modifié par le [https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000044637932/ décret n° 2021-1902 du 29 décembre 2021] (dans son article 8) et dans l’[https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046179633 Arrêté ministériel du 8 août 2022] précisant les obligations documentaires et la consistance des vérifications et visites techniques approfondies des ouvrages hydrauliques autorisés ou concédés. Ces obligations sont les suivantes : | ||
| − | * les Dossiers d’ouvrages et les registres doivent être régulièrement tenus à jour, pour les 3 classes ; | + | * les '''Dossiers d’ouvrages''' et les registres doivent être régulièrement tenus à jour, pour les 3 classes ; |
| − | * les Rapports de surveillance | + | * les '''Rapports de surveillance périodiques''' doivent être actualisés : |
** au moins une fois tous les 3 ans en classe A, | ** au moins une fois tous les 3 ans en classe A, | ||
** au moins une fois tous les 5 ans en classe B, | ** au moins une fois tous les 5 ans en classe B, | ||
** au moins une fois tous les 6 ans en classe C ; | ** au moins une fois tous les 6 ans en classe C ; | ||
| − | * les Visites Techniques Approfondies doivent être menées entre deux Rapports de surveillance périodique ou en cas | + | * les '''Visites Techniques Approfondies''' doivent être menées entre deux Rapports de surveillance périodique ou en cas d’'''Évènement Important pour la Sécurité Hydraulique (EISH)''', intervention sur l’ouvrage ou mise à l’épreuve de celui-ci, qu’il faut déclarer aux Services de contrôle des ouvrages hydrauliques ; |
* par ailleurs les règles de conception des systèmes d’endiguements de l’[https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039001234?__cf_chl_f_tk=pLnU3OXtiEsNu5xmbnL8eAiG_UN6SkLKPHuPEW6L.O0-1783943904-1.0.1.1-0KW9CkOiwcuariXDKUx9uRmGmLB28eMAohscm9T0G_carticle%20R.214-119-3%20du%20code%20de%20l'environnement article R.214-119-3 du code de l'environnement] (créé par le [https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000030591079 décret n° 2015-526 du 12 mai 2015]) ont été complétées et clarifiées par le [https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000038987708 décret n° 2019-895 du 28 août 2019] et le [https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000038987803 décret n° 2019-896 du 28 août 2019] également, relatifs, respectivement, à diverses dispositions d’adaptation des règles relatives aux ouvrages de prévention des inondations et à la modification de l’[https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000046126555 article R181-15-1 du Code de de l’environnement] : | * par ailleurs les règles de conception des systèmes d’endiguements de l’[https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039001234?__cf_chl_f_tk=pLnU3OXtiEsNu5xmbnL8eAiG_UN6SkLKPHuPEW6L.O0-1783943904-1.0.1.1-0KW9CkOiwcuariXDKUx9uRmGmLB28eMAohscm9T0G_carticle%20R.214-119-3%20du%20code%20de%20l'environnement article R.214-119-3 du code de l'environnement] (créé par le [https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000030591079 décret n° 2015-526 du 12 mai 2015]) ont été complétées et clarifiées par le [https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000038987708 décret n° 2019-895 du 28 août 2019] et le [https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000038987803 décret n° 2019-896 du 28 août 2019] également, relatifs, respectivement, à diverses dispositions d’adaptation des règles relatives aux ouvrages de prévention des inondations et à la modification de l’[https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000046126555 article R181-15-1 du Code de de l’environnement] : | ||
** les gestionnaires sont les décideurs du niveau de protection à atteindre, ils ont le libre choix et la responsabilité de la détermination de ces niveaux ; | ** les gestionnaires sont les décideurs du niveau de protection à atteindre, ils ont le libre choix et la responsabilité de la détermination de ces niveaux ; | ||
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Pour plus d’information, voir IRSTEA (2018) et CEREMA ''et al.'' (2018). | Pour plus d’information, voir IRSTEA (2018) et CEREMA ''et al.'' (2018). | ||
| − | Le niveau de protection d’un SE est un niveau d’évènement défini par l’[https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039001213 article R. 214-119-I du code de l’environnement], comme correspondant au niveau d’eau ou au débit de cours d’eau, ou bien le niveau marin, qui peut être atteint sans que la zone protégée soit inondée en raison du débordement, du contournement, ou de la rupture des ouvrages. Le [https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000030591079 décret du 12 mai 2015] et l’a[https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000034438478 rrêté ministériel du 7 avril 2017] n’imposent pas formellement que soit déterminé le niveau maximal en sûreté de leur sollicitation, le "niveau de sûreté". Cette détermination est néanmoins incontournable, car l’EDD doit définir les dispositions prises pour limiter le risque de défaillance et évaluer leurs effets au regard de la sûreté du système d’endiguement. Le niveau de protection qu’il retiendra devra être inférieur ou égal au niveau de sûreté. Voir CEREMA ''et al.'', (2018), au § 2.2., en pp 10 à 12. | + | Le niveau de protection d’un SE est un niveau d’évènement défini par l’[https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039001213 article R. 214-119-I du code de l’environnement], comme correspondant au niveau d’eau ou au débit de cours d’eau, ou bien le niveau marin, qui peut être atteint sans que la zone protégée soit inondée en raison du débordement, du contournement, ou de la rupture des ouvrages. Le [https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000030591079 décret du 12 mai 2015] et l’a[https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000034438478 rrêté ministériel du 7 avril 2017] n’imposent pas formellement que soit déterminé le niveau maximal en sûreté de leur sollicitation, le "niveau de sûreté". Cette détermination est néanmoins incontournable, car l’EDD doit définir les dispositions prises pour limiter le risque de défaillance et évaluer leurs effets au regard de la sûreté du système d’endiguement. Le niveau de protection qu’il retiendra devra être inférieur ou égal au niveau de sûreté. Voir CEREMA ''et al.'', (2018), au § 2.2., en pp 10 à 12. |
==Aspects plus techniques pour les systèmes d’endiguement== | ==Aspects plus techniques pour les systèmes d’endiguement== | ||
Version du 29 juillet 2026 à 09:12
Traduction anglaise : Protections to reduce flood hazards : levee systems and their complements
Dernière mise à jour : 29/07/2026
Cet article, après avoir rappelé les thèmes abordés dans l’article "Protections pour réduire les aléas d’inondation : vue globale", présente des précisions sur l’utilisation :
- des systèmes d’endiguement :
- qui soustraient des aléas d’inondation (niveaux et vitesse de l’eau, durée de l’inondation, engravements ou ensablements, houle et vagues, etc.), à proximité et pour les évènements les plus fréquents, les zones inondables qualifiées comme à protéger, car les plus vulnérables aux débordements de cours d’eau ou aux submersions marines,
- et retardent l’inondation lors des évènements plus rares dépassant leurs capacités, et pouvant alors, sans dispositif de sécurité adapté, leur infliger des ruptures catastrophiques ;
- en ce qui concerne notamment :
- les classes de sécurité de ces systèmes (ainsi que d’autres aménagements utilisant des digues), et la modulation des obligations réglementaires suivant celles-ci,
- des aspects plus techniques sur : les digues et les déversoirs de sécurité, y compris les aménagements nécessaires pour la gestion de leurs eaux de surverse ; la constitution récente d’un corpus technique (méthodes et outils) pour l’entretien, le renforcement, la réparation et la construction des digues ;
- ainsi que des dispositifs complémentaires pouvant être activés en temps de crise : déconnexions hydrauliques des venues d’eau via un sol perméable ou des points de rejets mal isolés de systèmes d’assainissement ; gestion de passages ouverts hors crues dans les systèmes d’endiguement ; dispositifs amovibles ou mobiles de protection de quartiers, groupes de bâtiments, ou constructions plus isolées.
Cet article a bénéficié de la relecture attentive et des propositions de modifications de Lionel Berthet et Sébastien Patouillard.
Rappel des principaux thèmes abordés dans les articles portant sur les protections pour réduire les aléas d’inondation
L’article "Protections pour réduire les aléas d’inondation : vue globale", présente :
- l’évolution très progressive de la demande sociale au cours de ces dernières décennies en matière de réduction du risque d’inondation : moins exclusivement centrée sur des ouvrages nouveaux d’atténuation des aléas et plus orientée vers une diversification des mesures de réduction des aléas d’inondation et, pour la protection, une priorité donnée aux renforcements et améliorations des ouvrages existants ;
- un certain nombre de définitions de base pour les ouvrages et aménagements hydrauliques de protection et leur contexte ;
- les évolutions législatives ou organisationnelles récentes visant à renforcer, sécuriser, accélérer et compléter les protections existantes ;
- les contextes réglementaire et organisationnel des ouvrages hydrauliques pour l’ensemble des ouvrages hydrauliques (barrages et systèmes d’endiguement ou autres aménagements utilisant des digues), ainsi que leur sécurité, et la méthodologie de leur mise en œuvre.
- la présentation rapide du contenu des autres articles de la catégorie "Protections pour réduire les aléas d’inondation", dont les thèmes sont listés ci-dessous.
Les aspects plus spécifiques concernant chacun des types d’aménagements sont traités dans les articles dont le titre commence par : "Protections réduisant les aléas d’inondation". En plus de cet article sur les systèmes d'endiguement, les dispositifs faisant l'objet d'un article spécifique sont les suivants :
- les barrages et leurs retenues,
- les casiers d’inondation,
- les dérivations partielles des débits en crue,
- les aménagements de ralentissement dynamique des crues.
Classes de sécurité des systèmes d’endiguement ou aménagements hydrauliques utilisant des digues et modulation associée des obligations
Voir : DGPR (2016), DGPR (2026) et la présentation du cadre réglementaire et législatif sur le site de l'association France-Digue.
Classification au titre de la sécurité des systèmes d’endiguement et d’autres aménagements hydrauliques utilisant des digues
Un système d’endiguement (SE) se compose d’une ou plusieurs digues et de dispositifs annexes ; il est conçu pour défendre une zone protégée contre les inondations et/ou submersions marines, jusqu’à un niveau d’événement déterminé, nommé le "niveau de protection".
Les systèmes d’endiguement, comme les aménagements hydrauliques, sont classés par l’Article R-214-113 du code de l'environnement, en fonction de la population maximale protégée (Population : nombre maximum d’habitants qui résident et travaillent dans celle-ci, clientèle des commerces, élèves des établissements d’enseignement, population saisonnière) :
- en classe A : Population > 30 000 personnes,
- en classe B : 3 000 < Population ≤ 30 000 personnes,
- en classe C : Population≤ 3000 personnes (le seuil bas de 30 personnes institué par le décret n° 2015-526 du 12 mai 2015 qui l’avait introduit dans l’article R 214-113 du Code de l’environnement a été supprimé par l’article 2 du décret n° 2019-895 du 28 août2019, portant diverses dispositions d'adaptation des règles relatives aux ouvrages de prévention des inondations).
La classe d'une digue est celle du système d'endiguement dans lequel elle est comprise.
Obligations correspondant à ces classes de sécurité
Ces obligations sont définies dans l’article R 214-122 du Code de l’Environnement, modifié par le décret n° 2021-1902 du 29 décembre 2021 (dans son article 8) et dans l’Arrêté ministériel du 8 août 2022 précisant les obligations documentaires et la consistance des vérifications et visites techniques approfondies des ouvrages hydrauliques autorisés ou concédés. Ces obligations sont les suivantes :
- les Dossiers d’ouvrages et les registres doivent être régulièrement tenus à jour, pour les 3 classes ;
- les Rapports de surveillance périodiques doivent être actualisés :
- au moins une fois tous les 3 ans en classe A,
- au moins une fois tous les 5 ans en classe B,
- au moins une fois tous les 6 ans en classe C ;
- les Visites Techniques Approfondies doivent être menées entre deux Rapports de surveillance périodique ou en cas d’Évènement Important pour la Sécurité Hydraulique (EISH), intervention sur l’ouvrage ou mise à l’épreuve de celui-ci, qu’il faut déclarer aux Services de contrôle des ouvrages hydrauliques ;
- par ailleurs les règles de conception des systèmes d’endiguements de l’article R.214-119-3 du code de l'environnement (créé par le décret n° 2015-526 du 12 mai 2015) ont été complétées et clarifiées par le décret n° 2019-895 du 28 août 2019 et le décret n° 2019-896 du 28 août 2019 également, relatifs, respectivement, à diverses dispositions d’adaptation des règles relatives aux ouvrages de prévention des inondations et à la modification de l’article R181-15-1 du Code de de l’environnement :
- les gestionnaires sont les décideurs du niveau de protection à atteindre, ils ont le libre choix et la responsabilité de la détermination de ces niveaux ;
- par exception, dans le cas particulier (en fait assez rare) de systèmes d’endiguement "neufs", protégeant une zone qui ne bénéficiait antérieurement d'aucune protection contre les inondations et submersions, les ouvrages qui sont compris dans ce système d'endiguement sont conçus, entretenus et surveillés de telle sorte que le risque de rupture soit minime en cas de crue ou de hautes eaux marines d’une période de retour statistique de 200 ans pour la classe A, de 100 ans pour la classe B et de 50 ans pour la classe C.
L’Étude De Dangers (EDD) d’un système d’endiguement (SE) est encadrée par les articles R214-115 à R214-117 du Code de l’Environnement. Elle peut permettre de définir :
- plusieurs niveaux de protection dans une même Zone Protégée, celle-ci faisant alors l’objet d’une "partition" en sous-zones correspondant à des tronçon de digues, chacune ayant son niveau de protection ;
- et une marge d'incertitude raisonnable prise en compte pour déterminer ce Niveau de Protection, quand il est exprimé sous la forme d'un niveau marin.
Cette EDD est prescrite, quelles que soient leurs classes, par l’article R.214-115 du code de l’environnement. Elle est nécessairement produite par le gestionnaire du système d’endiguement et réalisée par un organisme agréé (article R. 214-116-I), conformément aux dispositions des articles R. 214-129 à R. 214-132 du Code de l’environnement.
L’article R-214-116 du Code de l’Environnement, dans sa section III, précise que cette EDD (qui porte sur la totalité des ouvrages qui composent le SE), doit :
- présenter la zone protégée sous une forme cartographique appropriée ;
- définir les évènements maximaux (crues des cours d'eau, submersions marines et tout autre événement naturel dangereux) contre lesquels le système apporte une protection ;
- établir un diagnostic approfondi de l'état des ouvrages, en prenant en compte le comportement des éléments naturels situés entre des tronçons de digues ou à l'extrémité d'une digue ou d'un ouvrage composant le système ;
- décrire les événements contre lesquels le système apporte une protection, justifier que les ouvrages sont adaptés à la protection annoncée et qu'il en va de même de leur entretien et de leur surveillance, et en préciser, le cas échéant, les limites ;
- indiquer les dangers encourus par les personnes en cas de crues ou submersions dépassant le niveau de protection assuré ainsi que les moyens du gestionnaire pour anticiper ces événements et, lorsque ceux-ci surviennent, alerter les autorités compétentes pour intervenir et les informer pour contribuer à l'efficacité de leur intervention.
Il est complété par l’arrêté des ministres chargés de l'environnement et de la sécurité civile du 7 avril 2017, modifié par les arrêtés du 22 juillet puis du 30 septembre 2019, précisant le plan de l'étude de dangers des digues organisées en systèmes d'endiguement et des autres ouvrages conçus ou aménagés en vue de prévenir les inondations et les submersions. Dans son chapitre 2 (articles 9 à 14), relatif aux SE, il définit le plan de l'étude de dangers pour ceux-ci et en précise le contenu dans l’Annexe 1.
Cette EDD pour un SE peut être commune avec celle d’aménagements hydrauliques (AH) proches, à la condition que le gestionnaire soit le même et qu'il n'y ait pas entre ceux-ci d'éléments naturels ou artificiels susceptibles de modifier notablement les caractéristiques de la crue ou des risques de submersion marine.
Pour plus d’information, voir IRSTEA (2018) et CEREMA et al. (2018).
Le niveau de protection d’un SE est un niveau d’évènement défini par l’article R. 214-119-I du code de l’environnement, comme correspondant au niveau d’eau ou au débit de cours d’eau, ou bien le niveau marin, qui peut être atteint sans que la zone protégée soit inondée en raison du débordement, du contournement, ou de la rupture des ouvrages. Le décret du 12 mai 2015 et l’arrêté ministériel du 7 avril 2017 n’imposent pas formellement que soit déterminé le niveau maximal en sûreté de leur sollicitation, le "niveau de sûreté". Cette détermination est néanmoins incontournable, car l’EDD doit définir les dispositions prises pour limiter le risque de défaillance et évaluer leurs effets au regard de la sûreté du système d’endiguement. Le niveau de protection qu’il retiendra devra être inférieur ou égal au niveau de sûreté. Voir CEREMA et al., (2018), au § 2.2., en pp 10 à 12.
Aspects plus techniques pour les systèmes d’endiguement
Voir notamment la partie consacrée aux digues de l’article (DGPR, 2026) ainsi que France-Digues : les digues ; qu’est-ce qu’une digue ou France-Digues : les digues; qu’est-ce qu’un système d’endiguement.
Composants des systèmes d’endiguement
Pour les définitions des systèmes d’endiguement et des digues, on pourra se reporter au paragraphe "Définitions" du chapitre "Définitions et des ouvrages hydrauliques de protection pour réduire les aléas d’inondation fluviales ou torrentielles et de submersion marine" de l’article Protections pour réduire les aléas d’inondation : vue globale.
L’article R. 562-13 du Code de l’Environnement, institué par le décret n° 2015-526 du 12 mai 2015 modifié par le décret n°2019-119 du 24 février 2019 et le décret n°2025-804 du 11 août 2025, stipule que la protection d'une zone exposée au risque d'inondation ou de submersion marine au moyen de digues est réalisée par un système d'endiguement. Ce système comprend une ou plusieurs digues, ainsi que des ouvrages contributifs (dans le texte "contribuant à la prévention des inondations, ainsi que tout ouvrage nécessaire à son efficacité et à son bon fonctionnement, notamment les dispositifs de régulation des écoulements hydrauliques tels que vannes et stations de pompage") ; il en exclut les éléments naturels sur lesquels il pourrait prendre appui. Ce système est défini par l'autorité désignée (gestionnaire ou exploitant de l'ouvrage) au II de l'article R. 562-12 du Code de l’Environnement. Cette autorité détermine son, ou ses, niveau(x) de protection, au sens de l'article R. 214-119-1 du Code de l’Environnement, dans l'objectif d'assurer la sécurité des personnes et des biens. Ce(s) niveau(x) se défini(ssen)t par rapport à la zone à protéger (ou par rapport à des parties de celle-ci, homogènes en terme de risque), attribuée(s) à un pétitionnaire unique. Les digues classées antérieurement selon le décret de 2007 doivent être intégrées dans un système d’endiguement autorisé selon les règles en vigueur.
La Figure 1 représente la diversité des systèmes d’endiguement et de leurs composants, en zone inondable par les cours d’eau et en zone littorale submersibles par les eaux marines.
Digues
La Figure 2 schématise les principaux éléments structurels du corps d’une digue existante historique ou assez classique. Mais des digues de ce type peuvent aussi bénéficier de noyaux étanches, de perrés sur toute leur hauteur amont (coté cours d’eau), des rehausses (sous forme de murettes, banquettes, diguettes, etc.
La Figure 3 schématise la structure et les composants d’une digue existante ou nouvelle bénéficiant des acquis récents, dont un certain nombre peuvent être repris dans des projets de renforcement d'une digue existante en les adaptant ; par exemple, l’absence ou la déficience d’un noyau étanche peuvent être palliées par :
- un rideau de palplanches ou une paroi moulée en béton de terre, lié au ciment, à la chaux ou à la bentonite, depuis assez longtemps - Voir Chadeisson (1973) -,
- ou, dans des réalisations plus récentes, un mélange des sols en place avec ajout d’un liant hydraulique adapté (à base de ciment, bentonite, chaux, etc.) ("deep soil mixing". Voir Patouillard et al. (2024b).
En France, les digues de protection contre les inondations s’étendent sur plus de 10 000 km (un premier recensement en avait identifié 9 300 km dont 500 km de digues maritimes, qu’une cartographie du CEREMA, établie en 2018 (Patouillard et al., 2024a), a porté à 1 300 km. Ce sont des ouvrages généralement en terre, souvent anciens, et qui ont été au cours du temps réparés avec des techniques diverses, ce qui peut leur conférer une grande hétérogénéité. Mais la longueur des digues déjà intégrées dans des systèmes d’endiguement déjà autorisés et contrôlés est moindre.
Pour ces systèmes d’endiguement autorisés, de nombreux organismes ayant adopté la compétence GeMAPI ont fait, depuis la deuxième moitié des années 2010, des efforts significatifs en matière de connaissance :
- de la configuration des digues (niveau de crête, section en travers, matériaux, points de vulnérabilité, etc.) ;
- des autres éléments constitutifs de leurs systèmes d’endiguement ;
- de la zone protégée, notamment concernant les potentielles arrivées d’eau en crue dans celle-ci.
Il reste cependant encore beaucoup à faire dans ce domaine, car les systèmes d’endiguement peuvent être vulnérables à de multiples sollicitations : en cas de mise en charge ou de surverse, lors des crues, ou, sur le littoral, des tempêtes et hautes eaux marines, par érosion interne (du fait des circulation d’eau dans le corps de la digue), ou par érosion externe (sous l’effet des écoulements sur les talus côté eau et, côté terre, en cas de surverses, ou franchissements, par-dessus les digues, qu’elles soient fluviales, estuariennes ou littorales (Voir dans le sous-§ "Renforcements et réparations du corps de digues", l’alinéa consacré aux mécanismes de dégradation des digues.
Les retours d’expérience concernant des travaux de réparation ou de confortement de digues n’étaient encore, au milieu des années 1990, que peu développés, et guère centralisés ou partagés entre les différents intervenants dans le domaine. Depuis, toute une communauté s’est mobilisée sur le sujet (Voir plus loin le § "Consolidation depuis le milieu des années 1990 d’un corpus technique moderne").
Renforcements et réparations du corps de digues
Voir DGPR (2015), au § 2.1.2., CEREMA et al. (2019) au sous-chapitre 3.5 et CFBR (2021) (voir Figure 4) au § 2.1.2
Nota : L’identification de la localisation des points bas relatifs de la crête des digues et leur rehausse ainsi que la protection de leur talus aval ne sont pas traités dans ce § mais dans le § suivant : "Sécurisation spécifique vis-à-vis des surverses des systèmes d’endiguement".
Une large majorité des digues existantes étant en remblai, au moins partiellement, l’effort collectif sur la formalisation de l’expérience en France et à l’international, a été porté sur cette catégorie, en n’abordant que marginalement ce qui relève des ouvrages rigides exclusivement en béton et/ou maçonnerie.
Le confortement d’une digue et du système d’endiguement consiste à renforcer sa robustesse et d’améliorer son niveau de protection, lorsque :
- son état s’avère médiocre ou inquiétant, en raison de son vieillissement et/ou d’une gestion ou d’un entretien plus ou moins défaillants,
- les niveaux de sûreté et de protection attendus ont évolué, notamment du fait de l’urbanisation, ou plus généralement, d’un fort accroissement des enjeux d’inondation depuis leur édification, et par suite des révélations apportées par les études de danger,
- l'environnement de l'ouvrage a évolué de manière défavorable pour sa stabilité ou la protection qu'il offre.
La réparation d’une digue vise, après l’identification de désordres ou d’endommagements plus ou moins importants, à rétablir et améliorer son état pour qu’il corresponde au niveau de protection souhaitable et adapté qui a été défini par le maître d’ouvrage.
Les mécanismes de dégradation des digues, nécessitant ces renforcements ou réparations les plus courants sont dus à :
- de l’érosion externe, par :
- une surverse au-dessus de la crête de la digue, ou d’une rehausse (du fait d’une crue dépassant leur niveau, ou par franchissement des vagues), qui, du côté de la zone protégée, altère, souvent très rapidement le talus et le pied de la digue,
- une érosion de la digue, côté cours d’eau ou mer, à son pied (par affouillement), ou directement du talus (générée par le courant du cours d’eau ou l’impact des vagues et de la houle) ;
- de l’érosion interne, par :
- suffusion (des particules fines sont transportées par l'eau à travers une matrice granulaire plus grossière, laissant un squelette qui finit par se tasser ou s’effondrer),
- érosion de contact (à l’interface entre des couches de matériaux de caractéristiques différentes),
- érosion régressive (remontant à partir de leur sortie côté val vers le cœur de la digue le long du parcours des filets d’eau s’écoulant dans le corps de la digue),
- érosion concentrée ou de conduit (le long d’une fissure, d’un ouvrage traversant, de terriers d’animaux fouisseurs, de racines pourrissantes d’arbres coupés, etc.) ;
- des instabilités du corps de digue, pouvant résulter :
- du raidissement au cours du temps des pentes de talus (par érosion externe superficielle ou altération de la butée de pied),
- de variations de pressions hydrauliques au sein de l'ouvrage,
- de défauts de drainage,
- de la présence de couches hétérogènes à comportements hydrauliques contrastés,
- de l'augmentation des charges sur l'ouvrage,
- de la détérioration au cours du temps des caractéristiques des matériaux ;
- ces instabilités du corps de digue se manifestent par :
- des glissements superficiels (plutôt dus à l'effet des agents météoriques, en particulier des circulations sur les pentes des talus, qui contribuent à leur raidissement),
- des tassements (pouvant provenir de mauvais compactage des matériaux lors de la réalisation du corps de digue, à une consolidation et/ou des fluages associés à la présence de niveaux compressibles dans les sols de fondation, par exemple à la traversée d’un ancien chenal de cours d’eau), qui provoquent un abaissement du niveau de la crête et peuvent générer des surverses inopinées,
- des glissements (rotationnels à axe horizontal, ou translationnels, profonds ou de surface) d’un talus, par exemple coté eau lors d’un abaissement rapide du niveau d'eau dans le cours d’eau, ou côté protégé, pouvant conduire à un effondrement,
- de la liquéfaction (perte de la résistance au cisaillement sous augmentation des pressions interstitielles ou par suite d’une sollicitation sismique),
- de claquages hydrauliques (fissuration du matériau constitutif de la digue provoquée par une charge hydraulique) ;
- des instabilités de la fondation ou du sol support : un ouvrage et son terrain d’assise forment un ensemble, et lorsque les caractéristiques mécaniques du terrain sont médiocres, un glissement général de cet ensemble peut se produire.
On peut retenir que l'érosion par surverse et l'érosion interne sont le plus souvent à l’origine de la formation des brèches dans les digues, laquelle constitue le phénomène le plus dangereux. Les autres mécanismes, par eux-mêmes, ne conduisent en général qu'à des dégradations, qui ne deviennent catastrophiques que lorsqu’elles provoquent des surverses ou des érosions internes intenses.
Ces mécanismes de dégradation ou de rupture sont présentés de manière illustrée, dans : DGPR (2015) au chapitre 2 ; CFBR (2021) au § 2.1.2. assez synthétiquement ; et dans CEREMA et al. (2019) au sous-chapitre 3.5, plus exhaustivement, avec une ouverture intéressante sur des exemples internationaux.
Le tableau de correspondance de la figure 5 met en regard les principaux mécanismes de dégradation ou de rupture évoqués ci-dessus avec les principes de confortement et de réparation préconisés.
Les 3 documents cités traitent aussi des méthodologies de :
- diagnostic ;
- conception et dimensionnement ;
- conduite et exécution des travaux ;
- suivi de la vie des ouvrages (surveillance, entretien, et signalement des évènements).
Ils donnent aussi des exemples, avec des fiches spécifiques, en matière :
- d’établissement ou de rétablissement :
- d’un niveau correct d’étanchéité externe ou dans le corps de la digue,
- de drainage et de filtration,
- de stabilité au glissement,
- de rehausse (pour éviter les surverses prématurées) de la crête du corps de digue ou de dispositifs additionnels fixes ou amovibles,
- de protections adaptées contre l’érosion externe,
- de traitement des transitions au niveau des interfaces entre tronçons de digues aux caractéristiques assez différentiées ou avec des ouvrages traversants ou inclus ;
- d’accompagnement attentif de la vie des ouvrages :
- surveillance,
- auscultations et suivis topographiques,
- entretien des digues,
- gestion des crues, des tempêtes ou des autres situations de crise,
- déclaration auprès des préfets des Évènements Importants pour la Sûreté Hydraulique (EISH) pour mieux asseoir les retours d’expérience.
Sécurisations spécifiques vis-à-vis des surverses des systèmes d’endiguement
Plusieurs solutions existent pour réduire les risques de défaillance des digues, en sus des opérations des renforcements évoqués dans le § précédent. Il apparaît essentiel d’évaluer l’opportunité de chacune d’elles, et avant tout de leur positionnement (par exemple en prenant en compte des données historiques ou géomorphologiques (zones de brèches, ancien chenaux du cours d’eau, etc.), ainsi que leurs avantages et inconvénients.
Homogénéisation du profil en long de la crête des digues
L'objectif est d'homogénéiser le profil en long de la crête des digues, u regard du niveau de la ligne d’eau des évènements de référence retenus pour définir le niveau de protection à assurer.
Il s’agit d’éviter que ne se produisent des surverses localisées pouvant très vite générer des brèches dans les digues de terre, avant que ne que soit atteint le niveau de protection des systèmes d’endiguement. Pour cela, il est recommandé de commencer par identifier, sur la base d’une topographie fine de la crête de l’ensemble des digues de premier rang (au plus près du cours d’eau ou de la mer) du système d’endiguement, les points bas, ou les creux, relatifs en comparaison avec la ligne d’eau évaluée pour ces crues ou évènements de hautes eaux marines choisis comme référence pour déterminer le niveau de protection. La figure 6 illustre ce principe.
Ces points bas devront être rehaussés, de façon fiabilisée, par des dispositifs :
- définitifs, pour des crues dont la montée est relativement rapide,
- ou temporaire (mises en place lors de chaque crue forte ou exceptionnelle) pour les autres.
Voir CFBR (2021) (chapitre 6 : Rehausses) et CEREMA et al. (2019) (sous-chapitre 3.5. et 6.6. ainsi que fiche technique FT 6.2.)
Il faut en particulier s’assurer que la surélévation ne mette pas en péril la stabilité de la digue, par :
- ajout d’une surcharge et augmentation du niveau de charge après mise en service ;
- ou utilisation d’engins trop lourds et vibrants pendant le chantier, surtout s’il a lieu pendant la crue.
Il est par ailleurs important de vérifier que la surélévation (surtout si elle est temporaire) de la digue ne provoque pas des inondations d’autres zones protégées, entraînant des conséquences plus graves que celle de la surverse à l'endroit de la rehausse.
De plus, il convient de renforcer, au droit de ces rehausses, la protection externe de la digue côté zone protégée, pour réduire le risque de formation de brèche en cas de défaillance de celles-ci.
Les figure 7 et figure 8 fournissent des exemples de type de rehausse définitive (au niveau T200 + 70 cm), avec les coupes-types des banquettes de rehaussement fiabilisé sur les points bas identifiés (à Saint-Denis-en-Val sur 3,5 km, Sigloy sur 2,4 km et Guilly sur 1 km), ainsi que du renforcement du talus côté val au droit de ces rehausses (Henry et al., 2024).
Déversoirs de sécurité pour les systèmes d’endiguement
Voir : Goutx et al. (2004), Royet et Mériaux (2004), Goutx et al. (2005), Degoutte et al. (2012) et Henry et al. (2024).
L’objectif central des déversoirs de sécurité est de ponctionner une partie importante du débit de la pointe des crues les plus fortes, pour décaler vers le bas le niveau de la ligne d’eau dans le cours d’eau ainsi délesté :
- à son aval, en l’abaissant du fait d’un débit moins fort,
- et aussi vers leur amont, sur une distance en général plus faible, en la faisant basculer du fait de son abaissement au niveau du déversoir.
Ces déversoirs contribuent ainsi à ce que :
- le niveau d’eau du cours d’eau, ou du milieu marin (Figure 9), sur les tronçons bénéficiant de son abaissement ne dépasse pas le niveau de protection du système d’endiguement,
- les sollicitations hydrauliques pour des érosions internes ou externes côté cours d’eau soient moindres.
L’histoire de ces déversoirs de sécurité est pluriséculaire et assez difficile (Maurin et al., 2013). Elle a commencé à partir du XVIIème siècle, sur les digues de la Loire, puis du Vidourle, d’abord sous le nom de déchargeoirs, avec de fréquentes contestations :
- après les crues de 1707, 1709, 1710 et 1711, le gouvernement de Louis XIV avait arrêté en 1711 un plan de restauration comportant, outre le comblement des brèches ouvertes par les premières et, après des colmatages de fortune, réouvertes par les suivantes, ainsi qu’un nouvel exhaussement des levées, et la construction d’une demi-douzaine de déchargeoirs entre Gien et Tours, dans des secteurs où le lit endigué est le plus resserré. Mais la crue de Pentecôte 1733 a ouvert à nouveau de nombreuses brèches et détruit ces déchargeoirs. Dans l’année, sous la pression des riverains, le gouvernement a fait supprimer tous les déchargeoirs, à l’exception de ceux antérieurs à 1711 (la Bouillie à Blois et Saint-Martin-sur-Ocre en rive droite de la Loire en amont de Gien) ;
- après les trois grandes crues du XIXe siècle sur la Loire, en 1846, 1856 et 1866, un programme d’ensemble a été élaboré sous la direction de l’ingénieur Comoy en 1867, réaffirmant le principe "Faire la part de l’eau", mais avec le souci de son acceptation : 19 déversoirs ont été programmés mais soumis, entre 1868 et 1871, à des enquêtes d’utilité publique, dont le résultat conditionnait la réalisation ou non (si les opinions sont majoritairement défavorables), ce qui paraît être une première en France ; en définitive 8 déversoirs seront construits jusqu’en 1911. Ces déversoirs sont des ouvrages en maçonnerie de grande taille, allongeant parallèlement à l’axe principal d’écoulement du fleuve les lames déversantes (880 m de longueur pour celui d’Ouzouer et 715 m hors tout pour celui de Jargeau) pour réduire leur capacité érosive côté val ;
- au XXème siècle on a construit en France une quinzaine de déversoirs sur 8 cours d’eau (Maurin et al., 2013) ;
- et plus récemment, la restauration du déversoir de Jargeau (Préfecture du Loiret, 2023 et Saussaye et al., 2024), ouvre de nouvelles perspectives.
Comme celle de leurs homologues sur les barrages, la conception de l’établissement des déversoirs de sécurité des systèmes d’endiguement, ou de leur restauration, est complexe. C’est en particulier le cas de l’étude du positionnement du déversoir (ou, lorsque le val très long, parfois des déversoirs). Il s’agit d’équilibrer au mieux les objectifs de réduction des niveaux d’eau de l’inondation à l’aval et à l’amont, mais aussi de maîtriser d’autres difficultés comme :
- l’exposition de l’ouvrage aux risques hydro-sédimentaires dans le cours d’eau en crue,
- les risques à l’aval du déversoir sur les parcours possibles des eaux déversées (pour en savoir plus, voir, dans l'article Protections pour réduire les aléas d’inondation : les aménagements de dérivation partielle des débits en crue, le chapitre consacré à "La consolidation nécessaire de la gestion des eaux déversées par les déversoirs de sécurité des systèmes d’endiguement".
Le déversoir devra aussi être conçu pour assurer, notamment :
- un bon compromis entre un non-déversement jusqu’à l’atteinte des niveaux de sécurité des divers tronçons du système d’endiguement et, d’autre part une surverse efficace pour écrêter les crues le dépassant, ce pour quoi on pourra agir sur la longueur de déversement, ainsi qu’avec la mise en place de dispositifs de rehausse fusible ; voir Degoutte et al. (2012), pages 122-133 ;
- une bonne tenue du déversoir, et des aménagement juste en aval, vis-à-vis des contraintes exercées par les écoulements de surverse ;
- un démarrage assez progressif de la montée en puissance du débit déversé, pour constituer un premier matelas d’eau amortissant les risques d’érosion à l’aval immédiat, ainsi que dans les chenaux d’écoulement dans le val, et aussi pour y donner, grâce à une communication efficace dans la durée, le signal que ces premiers écoulements constituent une alerte sur l’imminence d’autres beaucoup plus fort à venir très vite.
Des éléments sur la conception hydraulique et géotechnique sont développés dans Goutx et al. (2005) et, de façon plus large, dans Degoutte et al. (2012), concernant aussi :
- le contexte (typologie et réglementation des systèmes d’endiguement) ;
- le génie civil des déversoirs ;
- des éléments sur l’historique des déversoirs, plus exhaustifs que dans cet article ;
- la sédimentation, à l’aval des déversoirs, même s’il s’agit de matériaux moins grossiers que ceux des engravements ou des dépôts de flottants et objets très encombrants provenant de l’ouverture de brèches ;
- les principes des dispositifs de rehausse fusibles (sacrifiés au moment du déclenchement), ou mobiles (mis en mouvement au moment du déclenchement et remis en place après la crise), évoqués dans Goutx et al. (2004), permettant de "doper" le débit prélevé dans le cours d’eau après la phase de démarrage des surverses, notamment :
- des seuils érodables, en terre ou en sable et une paroi maçonnée côté val, s’apparentant à ceux qui avaient été mis en place sur les maçonneries des déversoirs du programme Comoy, et repris sur certains autres au XXème siècle ; conçus pour retarder le déversement jusqu’à ce que la ligne d’eau du fleuve atteigne leur sommet, puis générer une augmentation progressive du débit déversé, d’autant plus rapide la lame déversante sera haute et, après leur ruine, à dériver vers le val un débit plus important ; mais il s’est avéré que cela a été loin d’être toujours assuré (Royet et Mériaux, 2004) ; le principe a cependant été repris lors de la restauration du déversoir de Jargeau, dans le Val d’Orléans, avec l’utilisation de techniques modernes, notamment dans :
- la conception de sa géométrie (la crête du déversoir a été abaissée d’une soixantaine de cm, au niveau de la ligne d’eau correspondant à l’évènement T 200 - 20 cm (T 200 étant la crue bicentennale) dans la configuration actuelle du lit de la Loire, alors que le reste des digues de premier rang est désormais réglé et fiabilisé au niveau de la ligne d’eau de l’évènement T 200 + 70 cm),
- l’accompagnement de la mise en œuvre par une batterie de tests in situ récents (Saussaye et al., 2024),
- des seuils gonflables à l’eau équipés côté amont de volets mécaniques sans lesquels les déformations de la crête de déversement génère des perturbations du débit surversé ; de tels ouvrages ont été mis en place avec succès par Voies Navigables de France (VNF) pour des seuils de navigation sur la Meuse à Villers-devant-Mouzon en 2005 et sur la Saône à Auxonne en 2010 (Aubonnet et Seguin, 2015), VNF et al., 2012) ; ces seuils peuvent atteindre une hauteur de 2 m, être posés par passes dont la longueur peut aller jusqu’à 100 m ; ils paraissent pouvoir être installés sur des déversoirs de sécurité des digues, à condition de disposer d’une alimentation électrique de secours et d’un accès, sécurisé en crise, au poste de commande du gonflage et du dégonflage, mais la question du vieillissement se pose lorsque la durée des périodes de retour statistiques d’utilisation potentielle dépasse quelques dizaines d’années ;
- éventuellement, même s’ils ne paraissent pas si faciles à adapter au cas des déversoirs de sécurité des systèmes d’endiguement, des dispositifs basculables éprouvés sur ceux de barrages, à partir d’un certain niveau d’eau amont, comme les rehausses proposées par la société Hydroplus® (https://genie-civil.insa-strasbourg.fr/pierrick-tessereau-gc-2019/),
- d’autres types de rehausses sont évoqués dans Degoutte et al'. (2012), au chapitre 6, dans le § "Rehausses fusibles ou mobiles" ;
- des seuils érodables, en terre ou en sable et une paroi maçonnée côté val, s’apparentant à ceux qui avaient été mis en place sur les maçonneries des déversoirs du programme Comoy, et repris sur certains autres au XXème siècle ; conçus pour retarder le déversement jusqu’à ce que la ligne d’eau du fleuve atteigne leur sommet, puis générer une augmentation progressive du débit déversé, d’autant plus rapide la lame déversante sera haute et, après leur ruine, à dériver vers le val un débit plus important ; mais il s’est avéré que cela a été loin d’être toujours assuré (Royet et Mériaux, 2004) ; le principe a cependant été repris lors de la restauration du déversoir de Jargeau, dans le Val d’Orléans, avec l’utilisation de techniques modernes, notamment dans :
- dans Degoutte et al. (2012), sont aussi présentés :
- la gestion en crise de systèmes d’endiguement,
- les aspects économiques et quelques exemples.
Pour revenir aux déversoirs de sécurité des systèmes d’endiguement en général, on ne peut que noter qu’ils ont souvent été mal acceptés, notamment dans les vals de Loire moyenne (ce qui a donné lieu aux premières enquêtes d’utilité publiques de 1857 à 1911, évoquées plus haut). Ce qui est en jeu, c’est que certains occupants des lieux pourront être lésés pour l’amélioration de la situation du plus grand nombre. Cela nécessite :
- d’identifier et d’objectiver en première analyse :
- l’ensemble des conséquences du maintien de la situation de départ,
- les inconvénients subis par les uns et les bénéfices plus ou moins importants apportés aux autres pour chacune des hypothèses envisageables de réaménagement ; il faut pour cela apporter un soin particulier, au-delà de la conception de ces déversoirs et de leur immédiat aval, aux risques d’inondations sur le parcours des eaux surversées dans le val jusqu’à leur retour vers le cours d’eau délesté jusque-là, ou vers un autre exutoire, et aux dispositions à prendre pour qu’elles soient le moins dommageables possible (Voir Figure 10, pour le cas du Val d’Orléans) ;
- puis de reconnaître ensemble ces bénéfices et inconvénients, et de faire évoluer le projet en l’accompagnant par des mesures d’amélioration ou d’enrichissement et de compensation équitable ; cela implique souvent une élaboration progressive, en respectant les temps de maturation de débats et de dialogue, nécessaires pour aboutir à une vision largement partagée des diagnostics et des solutions, en s’appuyant sur des exemples positifs d’opérations réussies ailleurs ou de mesures partielles réalisées sur place ; de telles démarches sont nécessaires aussi pour d’autres types de protections pour réduite les aléas d’inondation, comme :
- présenté dans l’article "Protections pour réduire les aléas d’inondation : les aménagements de dérivation partielle des débits en crue (HU),
- ou relevé dans les articles centrés sur les casiers d’inondation ou les aménagements de ralentissement dynamique des crues.
L’acceptation de ces temps de maturation permettra paradoxalement d’aller plus vite. Et cela d’autant plus que se développe un savoir-faire au niveau national ou international en matière de déversoirs de sécurité et d’aménagement du parcours des eaux surversées dans le lit majeur des cours d’eau, grâce au travail de fond et aux retours d’expérience menés au sein de communautés dynamiques, comme on le verra plus loin.
Aménagements d’ouvertures des systèmes d’endiguement à l’aval des vals
Il peut être bénéfique de disposer, dans la partie aval d’un système d’endiguement bénéficiant d’un déversoir de sécurité un ou des reversoir(s) permettant de restituer vers le cours d’eau qui en avait été délesté, les volumes d’eau captés par le déversoir. Cela permet de réduire autant que possible le niveau d’eau dans les parties inondées du val, ainsi que la durée de l’inondation.
Il peut aussi être utile de laisser, ou d’agrandir (par arasement de digues existantes), une ouverture suffisante à l’aval du Val. Cela augmentera un peu le niveau et la durée de l’inondation dans cette partie terminale (qui, assez souvent, n’est guère urbanisée), mais avec une vitesse relativement lente de la montée de l’eau. Mais cela permettra aussi de ralentir la montée du niveau d’eau dans le cours d’eau, et, lorsqu’un déversoir installé en amont fonctionne, de constituer, plus tard lors de la crue, un matelas d’eau dans la partie aval du val, qui ralentira les vitesses d’écoulement de l’eau déversée. Globalement, l’inondation du val "par l’aval" sera moins violente, notamment en cas de crue dépassant le niveau de protection.
Consolidation depuis le milieu des années 1990 d’un corpus technique moderne
Ce corpus concerne l’entretien, la réparation, le renforcement et la construction des digues, ainsi que la conception des systèmes d’endiguement.
Bref historique de cette consolidation
Voir notamment la préface rédigée par Michel Lino de CFBR (2021).
Dans l'état actuel du parc français de digues, les travaux sur celles-ci concernent en majorité des ouvrages existants et moins la construction d'ouvrages neufs. Or, intervenir sur un ouvrage existant rend la conception et la réalisation des travaux plus complexes que pour la construction de digues ex nihilo. La plupart des techniques présentées dans CFBR (2021) applicables à la réalisation d’ouvrages neufs sont transposables aux travaux de confortement ou de réparation d'ouvrages existants, ou peuvent être complétées par des traitements spécifiques qui y sont aussi mentionnés. Une large majorité des digues étant des ouvrages en remblai de terre, les techniques applicables aux ouvrages rigides exclusivement en béton et/ou maçonnerie n’y sont pas abordées.
Les éléments déclencheurs pour une mobilisation relativement récente au niveau national concernant le renforcement et la réparation des digues de protection contre les inondations sont notamment :
- la mise à l’épreuve et les ruptures des digues du Rhône aval lors de l’hiver 1993-1994,
- l’option forte prise sur le sujet dans le Plan Loire dès son lancement début 1994.
Cette mobilisation a bénéficié des apports des spécialistes d’ouvrages en terre, qui se sont rendus disponibles, parmi lesquels on peut citer ceux du CEMAGREF (devenu INRAE) d’Aix-en-Provence, du bureau d’études ISL et du CETMEF (intégré depuis au CEREMA).
Divers maîtres d’ouvrages gérant une majorité des digues à entretenir ou réparer (notamment le SYndicat Mixte d’Aménagement du Delta du Rhône Et de la Mer (SYMADREM) pour les digues du delta du Rhône, le Syndicat Mixte des Bassins Hydrauliques de l’Isère (SYMBHI) pour les digues du bassin de l’Isère dans le département éponyme), ainsi que les spécialistes des services de l’État et les équipes scientifiques et techniques citées plus haut ont rapproché leurs expériences, pour mener des diagnostics et développer des techniques adaptées de renforcement ou de réparation des digues. Cela a donné lieu en 2004 à un premier guide pratique sur la surveillance, l’entretien et le diagnostic des digues de protection contre les inondations (Mériaux et al., 2004).
La même année, le Comité Français des Barrages et Réservoirs (CFBR) a organisé un colloque technique sur la sécurité des digues fluviales et de navigation, d’où est issue la proposition d’entrée de ces digues dans le champ des actions du CFBR, ce qui a été officialisé en 2011. Le colloque qu’il a organisé en 2013 (CFBR et AFEID, 2013) sur les digues fluviales et maritimes a permis de capitaliser les acquis de la décennie précédente et de mettre en place un groupe de travail sur le confortement et la réparation des digues, qui produira le Recueil des méthodes et des techniques de confortement et de réparation des digues de protection en remblai (Beullac et al., 2004) et (CFBR, 2021). Celui-ci présente l’ensemble des techniques de confortement et de réparation des digues, du diagnostic au suivi, en se basant sur le retour d’expérience de 150 chantiers et en fournissant de multiples Fiches techniques et Fiches de cas.
Un Référentiel technique sur les digues maritimes et fluviales avait, entre temps, été élaboré par un groupe de travail constitué et piloté par la DGPR ; il a été publié en 2015 (DGPR, 2015).
Par ailleurs, le club européen (accueillant aussi des confrères des USA) de la Commission internationale des Grands Barrages (CIGB) a créé un Groupe de travail sur les digues, où les partenaires français ont été très actifs. Celui-ci a permis d’intégrer aussi l’expérience de nos voisins, notamment néerlandais ou britanniques. Il a donné lieu à la publication en 2013 de l’International Levee Handbook (CIGB, 2013) qui concentre l’état de l’art international (6 pays participants) dans un guide de 1 350 pages (en anglais) sur le diagnostic, la conception, la mise en œuvre, l’entretien et la gestion des digues de protection contre les inondations fluviales et les submersions marines. Une traduction française de cet ouvrage a été éditée par le CEREMA en 2019 (Cerema et al., 2015).
La CIGB a créé en 2017 le Comité technique "LE" (pour LEvees), qui a organisé un congrès en 2018 largement ouvert à la question des ruptures de digues.
La communauté scientifique et technique française et internationale dans le domaine (CIGB, CFBR, Société Hydrotechnique de France (SHF), France-Digues et ses adhérents, INRAE, CEREMA, services de l’État), a organisé régulièrement des congrès, après ceux de 2004 et 2013 déjà évoqués, en 2019 et 2024, pour faire le point sur l’avancement de la recherche et des développements, ainsi que de l’expérience de terrain, qui se développe fortement avec la mise en place de la compétence de Gestion des Milieux Aquatiques et de Prévention des Inondations (compétence GeMAPI).
L’association France-Digues joue un rôle central dans l’animation de cette communauté. L’idée de la constitution d’une telle structure est née dès 2005 à partir du besoin de déployer le SIRS Digues (Voir paragraphe suivant) et de mettre en réseau ses utilisateurs, puis aussi de favoriser les échanges, notamment pour les retours d’expérience, sur les aspects techniques, réglementaires et plus globalement juridiques entre gestionnaires des systèmes d’endiguement. En 2011, la parution du PSR (Plan sur les submersions rapides, dues aux submersions marines, aux crues soudaines ou aux ruptures de digues) issu des drames causés en 2010 par la tempête Xynthia, en février, et les crues soudaines de la Nartuby et de l’Argens à Draguignan et alentour, en juin, consacre officiellement cette démarche au travers de l'action "Création d'une filière professionnelle". France-Digues a été créée le 22 mai 2013. En 2026, France Digues compte plus de 180 structures adhérentes, gérant plus de 4000 km de digues, et ces nombres sont en constante augmentation.
Par ailleurs, le Centre Européen pour la Prévention des Inondations (CEPRI) a, sur la base des travaux d’un groupe de travail d’une cinquantaine de personnes (agents spécialisés des services de collectivités territoriales, y compris l’État, et divers experts), établi puis publié en février 2017 un Guide intitulé "Les ouvrages de protection contre les inondations : s’organiser pour exercer la compétence GeMAPI et répondre aux exigences de la réglementation issue du décret février du 12 mai 2015" (CEPRI, 2017). Ce guide est en fait principalement consacré aux systèmes d’endiguement, avec des contributions d’une cinquantaine de personnes : agents de multiples collectivités territoriales et des services de l’État, ou experts.
De plus, l’Association Française pour la Prévention des Catastrophes Naturelles (AFPCN) a œuvré à une mobilisation plus large, concernant notamment les liens avec la sensibilisation aux risques d’inondation et la gestion de crise.
Le Système d'Information à Références Spatiales (SIRS) Digues
Voir le Site de Franc-Digues.
Le SIRS Digues a été développé à partir de la fin des années 1990, à l’initiative de l’IRSTEA (devenu INRAE), en lien, à partir de 2002, avec le SYMBHI, le SYMADREM et la DREAL Centre - Val de Loire, qui en partagent aussi la propriété depuis 2007. Son objectif a été, au départ, de permettre aux divers acteurs de la Réduction des risques d’inondation de disposer des informations géoréférencées concernant les digues pour une gestion intégrée de l’ensemble du système d’endiguement, de sa zone protégée et du lit du cours d’eau concerné (dans le cas où des digues les bordent). Il a par la suite été centré sur :
- le suivi et le diagnostic des ouvrages et la programmation puis la réalisation des travaux de confortement,
- la gestion des documents et du patrimoine informationnel disponibles qui leur sont attachés.
Un cahier des charges a été élaboré pour en établir une version 2 (V2), suivi d’un développement de 2002 à 2004, par la société GEOMATHYS, grâce à l’accompagnement et des financements de l’État et des autres gestionnaires cités. Elle a été finalisée et déployée en 2017.
La version V2 peut être téléchargée sur le site de France-Digues : c’est un outil à base cartographique, à source ouverte (open-source), sous licence "contaminante" GPL 3.0 (en adhérant aux termes de la licence, un utilisateur ayant accepté les termes de la licence est autorisé à faire évoluer le logiciel et à en diffuser le résultat, qui restera dans le cadre de la même licence, sans qu’il puisse en restreindre ou conditionner l’usage).
Ce logiciel (voir Plaquette de présentation) permet de mettre en forme, d’archiver, de traiter et de restituer, en les géolocalisant, les données collectées sur les digues (suivi temporel des désordres : érosion, fontis, terriers, etc. ; interventions et travaux ; études ; éléments élaborés concernant les obligations réglementaires pour la sécurité, etc.). Ces données peuvent être sous divers formats, pour la production de cartes, rapports, tableaux, etc.
Cet outil permet aussi, entre autres : des saisies grâce à une application mobile ; l’accès à une communauté d'utilisateurs contribuant à l'évolution continue du logiciel ; des coûts développement et de maintenance mutualisés ; une dématérialisation des documents ; une traçabilité du suivi opérationnel des ouvrages ; la vérification d’une compatibilité avec les obligations règlementaires.
WikiBarDig, une catégorie de Wikhydro
La catégorie WikiBarDig vise à capitaliser et diffuser les connaissances scientifiques et techniques sur les barrages et les digues. C’est une base documentaire scientifique et technique (mais pas réglementaire) sur les ouvrages hydrauliques.
WikiBarDig est ouvert depuis le 7 août 2015. Cette catégorie de Wikhydro :
- a été alimentée au départ par une base de connaissances développée par l'équipe Géomécanique, Génie Civil, Décision, Risque (G2DR) de l'UMR Risques, écosystèmes, vulnérabilité, environnement, résilience (RECOVER), de l’INRAE, basée à Aix-en-Provence, en collaboration avec l'Unité de Recherche(UR) Technologies et Systèmes d'informations pour les agrosystèmes (TSCF) basée à l'INRAE de Clermont-Ferrand ;
- comprenait, au 16 août 2025, 260 articles.
WikiBarDig est organisé selon quatre entrées : Savoirs/acteurs , Enjeux, Milieux, Territoires.
Dispositifs de gestion de crise complémentaires aux systèmes d’endiguement
Déconnexions
Les déconnexions ont pour objectif d'éviter les venues d’eau en crues ou hautes eaux marines sous les digues par un sol très perméable ou les systèmes d’assainissement mal isolés. L’effet de protection des systèmes d’endiguement peut en effet être assez fortement altéré par des venues d’eau sous les digues pour des crues assez durables :
- par percolation rapide dans des sols supports très perméables,
- en l’absence de dispositifs d’obturation temporaire, via les rejets aux cours d’eau ou milieux marins des rejets de collecteurs pluviaux, de surverses d’orages de réseaux unitaires, ou d’eaux usées après traitement.
Cela nécessite :
- dans le premier cas, de créer un cloisonnement étanche au niveau des digues, jusqu’à un horizon de sol plus imperméable ;
- dans le second, de procéder d’abord à un recensement complet de ces points de rejet, et puis à l’installation ou l’amélioration de dispositifs :
- d’obturation temporaire en crue (par des clapets anti-retour, par exemple),
- de relèvement d’une partie significative des débits qui se présentent à ces divers exutoires, en complétant autant que possible par des capacités de stockage du reste.
On peut en voir des exemples sur le site : https://clapetdenez.fr/.
Gestion de protection transitoire en crue au niveau des passages ouverts hors crues dans les digues
Ces passages ouverts hors crues pour les piétons, les deux-roues et les automobilistes doivent, lorsqu’une crue est prévue, être obturés par des dispositifs amovibles (barrages à poutrelles, barrières anti-inondations, batardeaux, etc.), pour lesquels on peut trouver, par exemple un article de présentation générale via le lien https://www.france-digues.fr/actualites/protections-amovibles-pour-les-systemes-dendiguement/, ainsi que des références de produits, via par exemple, les liens suivants : https://www.hydroprotect-france.fr/barrieres-batardeaux-anti-contre-les-inondations/ ou https://sedipec.com/boutique/batardeau/batardeau-barrieres-anti-inondations/ou https://inondations.be/watergate/ ou https://feugier-environnement.fr/fr/barrieres-anti-inondation-modul-poseidon-aquastop-castor.p21.html.
Ces dispositifs demandent des aménagements ad-hoc, et toute une gestion de stockage, de mise en place et de retrait des composants, avec des exercices pour entretenir la mémoire des opérateurs et identifier les dysfonctionnements potentiels.
Dispositifs amovibles de protection rapprochée de quartiers et de groupes de bâtiments
Ces dispositifs peuvent être gérés par des collectivités compétentes en matière de GeMAPI (qui ont alors pour ceux-ci les mêmes contraintes de gestion que pour les Systèmes d’endiguement classiques) ou des Services de Sécurité civile.
On peut citer des boudins gonflables (Aubonnet et Seguin, 2015) ou des barrières amovibles assez similaires à celles évoquées au sous-chapitre précédent, que déploient des Services de Protection civile depuis le début des années 2010. Une attention particulière devra être portée sur l’autostabilité ou l’ancrage de ces dispositifs.
Aperçu des dispositifs de protection au niveau de constructions individuelles
Des moyens similaires aux précédents évoqués plus haut font l’objet d’une offre assez large, y compris en grandes surfaces de matériaux et de bricolage, pour obturer les ouvertures (portes, fenêtres, etc.) dans les bâtiments, évitant dans une certaine mesure les entrées d’eau à l’intérieur.
Un dispositif plus original est aussi proposé par la société Floodframe. Il repose sur le principe de rouleaux de bâche imperméable enroulés autour de boudins flottants, disposés dans des goulottes au sol creusées autour du bâtiment, à moins de 1 m des murs et des ouvertures à protéger. De façon autonome en énergie, par suite d’un déclenchement pneumatique, en cas d’inondation, guidés dans les encoches verticales, les boudins flottants s’élèvent à la surface de l’eau et la bâche se déroule jusqu’au niveau d’eau atteint par l’inondation, en enveloppant les murs et les ouvertures, constituant "une seconde peau", jusqu’à la baisse de du niveau de submersion du sol alentour ou durant ses fluctuations.
Des aménagements de génie civil au niveau des ouvertures ou des installations complémentaires, peuvent être utilisés pour :
- relever des seuils d’entrées (escaliers et ascenseurs, accès à des parkings souterrains, au métro, etc.) ;
- mettre hors d’eau, par exemple, des transformateurs électriques, des standards ou des relais téléphoniques ;
- évacuer l’eau des points bas de la voirie ou d’autres réseaux techniques urbains, avec des stations de relèvement des eaux ayant pu s’y introduire.
Bibliographie :
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- CEREMA, CIRIA et INRAE (2019) : Guide international sur les digues, traduction en français de l’International Levee Handbook (CIGB, 2013) ; 1485 p. ; disponible sur : https://doc.cerema.fr/Default/doc/SYRACUSE/16381/guide-international-sur-les-digues-2019-the-international-levee-handbook-2013-version-francaise-2019?_lg=fr-FR
- CFBR (2021) : Recueil des méthodes et des techniques de confortement et de réparation des digues de protection en remblai ; Partie 1 : Cadre général, 136 p. plus Annexes ; Partie 2 : 32 Fiches techniques + 16 Fiches de cas ; document réalisé par un groupe de travail de 56 participants, dont J. Maurin, initiateur relayé par S. Patouillard, R. Tourment et D. Poulain, animateurs, M. Sutter puis A. Rullière, secrétaires du GT, L. Saussaye, Y. Deniaud, Ch. Chevalier, J.-C. Palacios, P. Ledoux et Th. Mallet, animateurs de chacun des 6 sous-groupes ; disponible sur : https://www.barrages-cfbr.eu/IMG/pdf/recueil_confortement_digues_partie_1.pdf
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- Degoutte, G. (coord) et al. (2012) : Les déversoirs sur Digues fluviales : travail réalisé par Degoutte, G., coordinateur, et un Groupe de travail d’une vingtaine de personnes réuni par l’IRSTEA à la demande de la DGPR ; Editions Quae ; 182 p. ; disponible sur : https://www.quae.com/produit/1150/9782759219490/les-deversoirs-sur-digues-fluviales (payant).
- Deniaud, Y., Ledoux, P. (coord) (2018) : Études de danger des systèmes d’endiguement : concepts et principes de réalisation des étude ; ouvrage de la collection "Références" du CEREMA, dont la rédaction collective a été coordonnée par Yann Deniaud (Cerema Eau, mer et fleuves) et Patrick Ledoux (Cerema Méditerranée), avec la participation de Benoît Colin (Cerema Centre-Est), Bruno Beullac (Irstea), Rémy Tourment (Irstea), contrôlée par Joël L’Her (Cerema Eau, mer et fleuves) et validée par Katy Narcy, Jean-Marc Kahan et Gilles Rat (tous trois de la DGPR, Ministère de la Transition écologique) ; 62 p. ; disponible sur : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/2018_06%20guide%20CEREMA_EDD%20de%20SE_concepts%20et%20principes.pdf ou : https://www.cerema.fr/fr/actualites/rapport-etude-dangers-systemes-endiguement
- DGPR (2015) : Référentiel technique pour les digues maritimes et fluviales ; document réalisé par Kahan, J.-M. (pilote) et un groupe de travail de 10 personnes (dont plusieurs des participants français à la rédaction de l’International Levee Handbook), auquel se sont joints 6 autres contributeurs puis 12 relecteurs, dont 3 contributeurs ; 191 p. ; disponible sur : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/2015_01 referentiel technique digues version 1.pdf ou https://www.barrages-cfbr.eu/IMG/pdf/referentiel_technique_digues_maritimes_et_fluviales.pdf
- DGPR (2016) : Mode d'emploi des systèmes d'endiguement dans le cadre de la GeMAPI et du décret "digues" ; Deuxième partie : autorisations administratives des systèmes d'endiguement ; Direction Générale de la Prévention des Risques ; 38p. ; édition 1 du 13 avril 2016 visée par la circulaire NOR DEVP1605344N du 13 avril 2016 ; disponible sur : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Mode_d_emploi_systemes_endiguement_GEMAPI_procedures_circulaireDEVP1605344N_du_13_avril_2016.pdf
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- VNF et al. (2012) : Barrages gonflables avec ou sans volets métalliques : guide ; Voies Navigables de France, Bas-Rhône Languedoc Ingénierie avec l’appui du Centre d’Études Techniques Maritimes et Fluviales - CETMEF – intégré depuis au CEREMA ; 66 p. + 374 p. d’Annexes dont 23 fiches sur des ouvrages visités pour un retour d’expérience (296 p.) ; Editions du CEREMA ; disponible sur : https://doc.cerema.fr/Default/doc/SYRACUSE/15802/barrages-gonflables-avec-ou-sans-volets-metalliques-guide?_lg=fr-FR
Pour en savoir plus :
- France-Digues/les digues/qu’est-ce qu’une digue ( 2025) : disponible sur : https://www.france-digues.fr/les-digues/quest-ce-quune-digue-copy/
- France-Digues/les digues/qu’est-ce qu’un système d’endiguement (2025) : disponible sur : https://www.france-digues.fr/les-digues/quest-ce-quun-systeme-dendiguement/
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