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Gestion des risques au Chili : séisme et alarme tsunami, avril 2014

De Wikhydro

Sommaire

Introduction

Le but de cet article est de comprendre de façon globale les évènements qui se sont déroulés au Nord du Chili début avril 2014. Il s'agit donc dans un premier temps d'identifier les risques majeurs entrés en jeu, puis d'analyser comment et par qui la crise a pu être gérée.
Nous commencerons par resituer les faits et expliquer dans quel contexte sensible ceux-ci sont intervenus. Ensuite nous analyserons plus précisément les phénomènes physiques qui se sont manifestés en faisant le lien entre séisme et tsunami. Enfin nous verrons qui sont les différents acteurs de la gestion de crise, de quelle façon ils ont collaboré et quels outils et supports ils ont favorisé.

Rappel des faits

Rodados-terremoto 141345source UPI.jpg Séisme chili, avril 2014.jpg Terremoto-norte-juaneduardolopez 122230 SOURCE Juan Eduardo López, El Mercurio.jpg
 Région d'Iquique, 2 avril 2014 - Photo: UPI
 Situation géographique séisme M 8.2 - Image: Idé
 Région d'Iquique, 2 avril 2014 - Photo: Juan Eduardo López, El Mercurio

Mardi 1er avril 2014, un premier tremblement de terre de magnitude 8,2 a touché le nord du Chili. L'épicentre était situé à environ 89 kilomètres au large des côtes de la ville d'Iquique et à 46 kilomètres de profondeur. Le lendemain, une puissante réplique de magnitude 7,6 a de nouveau touché le nord du pays, à une vingtaine de kilomètres cette fois, au sud de la ville d'Iquique.

Quelques heures après le tremblement de 8.2, le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine Chilienne (SHOA) a décrété l'alerte au tsunami, réévaluée par la suite en alarme au tsunami. S'en est suivi un ordre d'évacuation des zones côtières du pays, donné par l'Office National d'Urgence du Ministère de l'Intérieur (ONEMI).

L'alerte s'est également vite répandue (avant d'être rapidement levée) à plusieurs pays dont le Pérou, l'Équateur, la Colombie, le Panama, le Costa Rica, le Nicaragua, le Honduras, El Salvador, le Guatemala, le Mexique, les États-Unis, Hawaï, le Japon et la Nouvelle-Zélande. Le lendemain, la présidente de la République du Chili, Michelle Bachelet, a déclaré le nord du pays en état de catastrophe naturelle.

Visionnez une courte vidéo regroupant diverses scènes filmées lors du premier tremblement!

Évènements marquants passés

Le Chili n'est malheureusement pas à son premier coup d'essai en matière de séismes. Il est même considéré comme une zone d'études privilégiée par certains. Cependant, ayant déjà connu de nombreux évènements dont les conséquences humaines et matérielles furent exceptionnelles (février 2010/mai 1960), la population est marquée et reste très sensible sur le sujet. Même lorsqu'un séisme que l'on pourrait qualifier de "moyen" se manifeste, la population a du mal à conserver son calme et se met très vite à paniquer. C'est un phénomène que l'on peut facilement observer dans les grandes surfaces par exemple. Voici quelques images de deux des séismes qui ont particulièrement marqué les chiliens (parmi lequel compte le plus puissant jamais enregistré à l'échelle mondiale):

Séisme de magnitude 8.8, 27 février 2010

Le séisme le plus marquant de 2010 au Chili est celui du 27 février, qui a eu lieu vers 3 h 30 heure locale dans le centre du Chili. L'épicentre se trouvait dans l'océan Pacifique, à seulement quelques kilomètres des côtes et environ 300 kilomètres au sud-ouest de la capitale chilienne: Santiago du Chili. La Commission géologique des Etats-Unis (USGS) a estimé sa magnitude à 8.8 sur l'échelle de Richter. Située à 115 kilomètres, la ville la plus proche était Concepción.

Le séisme a été ressenti jusqu'à la capitale. Dans les régions les plus sinistrées, des bâtiments se sont effondrés, l'électricité ainsi que le téléphone ont été coupés. Parallèlement, une alerte au tsunami a été lancée pour plusieurs des pays qui bordent l'océan Pacifique. Le bilan établi dénombre 525 personnes décédées ou portées disparues.


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                27 février 2010, Talca, Chili - Photo: Victor Ruiz Caballero
                27 février 2010, Concepción, Chili - Photo: Jose Luis Saavedra

C33 22421235.jpg Séisme chili, 2010jpg.jpg

                27 février 2010, Concepción, Chili - Photo: Jose Luis Saavedra
                28 février 2010, Pelluhue, Chili - Photo: Roberto Candia

Séisme de magnitude 9.5, 22 mai 1960

Le séisme de 1960 au Chili (Valdivia) est celui le plus puissant jamais enregistré. Sa magnitude était de 9,5 et il fut suivi d'un tsunami dévastateur dans plusieurs pays bordant l'océan Pacifique. Il a fait 1500 morts au Chili, une soixantaine à Hawaï et 130 au Japon.


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                Valdivia, 22 mai 1960 - Photos: National Oceanic and Atmospheric Administration

Modélisation du phénomène séisme/tsunami

Faille inverse interplaque.bmp
Les tsunamis sont des phénomènes naturels générés principalement par les mouvements sismiques produits au niveau des zones de contact entre les différentes plaques tectoniques terrestres. Pour l'Amérique du Sud et notamment le Chili, il s'agit de la plaque de Nazca (lithosphère océanique) qui entre en subduction avec la plaque Sud-américaine (lithosphère continentale) donnant naissance à une chaîne de montagne très connue: la Cordillère des Andes.

L'activité entre ces deux plaques est constante, et quand se relâche une grande quantité d'énergie, cela se traduit par un tremblement. Si celui-ci se manifeste dans l'océan Pacifique et suffisamment proche des côtes, il provoque un tsunami. Le séisme du 1er avril 2014 était de type faille inverse (mouvements de convergence) et interplaque (son foyer se situait sur la frontière des deux plaques tectoniques)[A].

Voici quelques schémas qui vont nous aider à comprendre ces phénomènes:

1ère étape: le séisme


1.PNG2.bmp3.bmp


En s'enfonçant brutalement sous la crôute continentale (sud-américaine), la croûte océanique (Nazca) est ébranlée et provoque le déplacement de la colonne d'eau. Au même moment, la surface de l’eau commence à osciller et les vagues à se propager dans toutes les directions[B].


2ème étape: le train d'ondes


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La vitesse de propagation des vagues est fonction de la profondeur de l’eau. Celles-ci subissent donc des accélérations ou des décélérations selon la profondeur du fond marin au-dessus duquel elles passent. En haute mer, elles peuvent aller à des vitesses de 500 à 1 000 km/h. Cependant, la hauteur des vagues est généralement inférieure à 1 m à ce stade, c'est pourquoi elles passent le plus souvent inaperçues[B]. Aussi, plus le volume d’eau déplacé est grand et plus la distance parcourue par les tsunamis risque d'être longue (impliquant plus de pays et créant plus de dégâts)[C]. En arrivant à hauteur du littoral, la profondeur diminue ainsi que la vitesse et la longueur d'onde (intervalle entre deux crêtes de vagues). Au contraire, la hauteur des vagues augmente considérablement.


3ème étape: le tsunami


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Généralement, la vague déferlante (symbolique du tsunami) est précédée d'une courte période d'exondation caractérisée par un retrait soudain de la mer pouvant aller jusqu'à plus d'un kilomètre. Ce phénomène est trompeur car immédiatement suivi des premières vagues destructrices.

Visionnez l'animation réalisée par le CEA![D].

Gestion de crise, évènements d'avril 2014

Le concept général de la gestion des risques majeurs au Chili

Au Chili, la gestion du risque de catastrophe se définit au travers de 3 dimensions. Tout d'abord, la gestion prospective (anticipation) qui consiste à agir en amont pour ne pas générer de nouvelles situations à risque. Celle-ci s'illustre par la planification d'actions et de mesures. Puis la gestion corrective, qui comme son nom l'indique concerne la réduction des risques existants. Enfin, la gestion réactive, qui regroupe les diverses formes de préparation et de réponse à l'urgence - et se concrétisant par l'organisation de l'aide humanitaire et la réalisation d'exercices de simulation/évacuation.

Plusieurs étapes se succèdent dans la gestion des risques majeurs. Tout d'abord, avant d'entamer les travaux, il s'agit d'identifier les acteurs clés, de définir les principes directeurs ainsi que les indicateurs de performance et de déterminer quels seront le comité de pilotage et les équipes techniques [E].

Se dessine alors la première étape: comprendre et analyser son territoire. Il apparait en effet essentiel de comprendre l'environnement et d'identifier les caractéristiques (en matière de risques) propres du territoire sur lequel nous évoluons et allons travailler. Plusieurs actions s'imposent alors naturellement, telles que faire un inventaire de l'existant (études techniques, projets passés ou en cours) et comprendre la vision des habitants en analysant leurs besoins. Cela permet de faire un bilan de la situation actuelle et imaginer la situation future souhaitée quant aux vulnérabilités et à l'exposition aux risques - avec toujours comme échelle celle du ou des territoires concernés.

Puis vient la seconde étape: bâtir des scénarios. Il s'agit ici d'imaginer et de construire des scénarios d'évènements majeurs. Ils peuvent être optimiste, tendanciel et pessimiste selon la probabilité d’occurrence et le champ d'action qui auront été choisis. Ces scénarios peuvent s'inspirer d'évènements qui se sont déjà produits par le passé sur le territoire ou à plus large échelle, dans le pays.

On arrive à la troisième étape: définir les objectifs, les politiques et les programmes. Ceux-ci s'articulent sur les trois dimensions de la gestion des risques cités plus haut (anticipation, correction, réaction). Il est important dans leur définition, d'intégrer les autorités locales, les acteurs publiques/privés et la société civile.

Ensuite se présente la quatrième étape: créer une structure de gestion. Il est primordial de créer un espace physique qui permette de matérialiser le plan de gestion des risques, d'identifier les actions à mettre en œuvre et détailler les activités, responsables, instances de coordination, ressources[E]...

Enfin, entre en jeu la dernière étape: mettre en œuvre le plan de gestion. Il s'agit de concrétiser tout ce qui aura été défini (programmes, actions, projets), avec l'aide des structures spécialisées. On veillera à intégrer des mesures de surveillance, de contrôle et d'évaluation, et à rétro-alimenter l'information et la prise de décision (feedback).

L'organisation et les acteurs de la gestion des risques majeurs au Chili

L'organisation nationale s'est bâtie autour du Système National de Protection Civile (SNPC)[E]. Celui-ci est géré à l'échelle de l’État par le Ministère de l'Intérieur par le biais de l'Office National d'Urgence du Ministère de l'Intérieur (ONEMI). Cet organisme est en charge de la prévention, de la réponse et de la réhabilitation quant aux situations à risque, urgences et catastrophes d'origine naturelle ou anthropique. Il agit également en coordination avec les diverses institutions de protection civile.

Le SNPC a pour principal outil de mise en œuvre le Plan National de Protection Civile (PNPC)[F], qui a comme objectif de "disposer d'une planification multi-sectorielle en matière de protection civile, destinée à développer des actions permanentes pour la prévention et la réponse aux urgences dans le pays". Ce plan intervient sur les différents niveaux administratifs de l'Etat (nationhal, régional, provincial ou communal) qui doivent tous collaborer avec les organismes de protection civile à l'échelle de leur territoire.

Dans ce but, ont été créés les Comités de Protection Civile, chacun présidé par l'autorité administrative qui lui correspond (Ministre de l'Intérieur, intendant, gouverneur ou maire). Ils doivent être composés de toutes les institutions et organismes privés/publiques tels que l'armée, la police, la défense civile, la croix rouge, les pompiers, les chambres de commerce... Chaque comité est également composé d'un Comité d'Opérations d'Urgence et d'un Centre d'Opérations d'Urgence où se réunissent ces derniers lors d'un évènement majeur.

Acteurs en charge de fournir l'information

A l'échelle nationale:

Voici les institutions et organismes nationaux en charge de produire et de fournir les informations concernant la menace:


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 Service Hydrographique et Océanographique de la Marine Chilienne
 Servicio Hidrográfico Oceanográfico de la Armada de Chile -- SHOA http://www.shoa.cl/
 Centre Sismologique National, Université du Chili 
 Servicio Sismológico, Universidad de Chile -- CSN http://www.sismologia.cl/
 Office National d'Urgence du Ministère de l'Intérieur
 Oficina Nacional de Emergencias del Ministerio del Interior -- ONEMI http://www.onemi.cl/ 
 Service National Géologique et Minier
 Servicio Nacional de Geología y Minería -- SERNAGEOMIN http://www.sernageomin.cl/


A l'échelle internationale:

Ces divers organismes internationaux produisent également de l'information. Celle-ci est reprise et exploitée par les institutions chiliennes.


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 Commission géologique des Etats-Unis
 U.S. Geological Survey -- USGS http://www.usgs.gov/
 Département National Océanique et Atmosphérique
 National Oceanic and Atmospheric Administration -- NOAA http://www.noaa.gov/
 Centre d'alerte aux tsunamis dans le Pacifique (NOAA)
 Pacific Tsunami Warning Center -- PTWC http://ptwc.weather.gov/

Acteurs en charge de l'intervention

A l'échelle locale de l'évènement, les informations et l'organisation sont chapeautées par les Comités d'Opérations d'Urgence. Plus directement sur le terrain, on retrouve les organismes tels que les différents corps de l'armée (Fuerzas Armadas), la Gendarmerie (Carabineros), la défense civile, la croix rouge, les pompiers ou encore les hôpitaux. Selon l'importance de l'évènement, on retrouvera également diverses Organisations Non Gouvernementales nationales et/ou internationales.


Ejercito.png -- Fuerza area.png -- Armada.png

  L'armée -comparables en France à- l'Armée de Terre, l'Armée de l'Air et la Marine 
  Las Fuerzas Armadas: el Ejército, la Fuerza Aérea y la Armada



200px-Roundel of Carabineros de Chile.svg.png -- U69.png -- Bomberos Chile.jpg

 La Gendarmerie -- Los Carabineros de Chile
 La Défense Civile -- Defensa Civil de Chile
 Les Pompiers -- Los Bomberos de Chile



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 La croix Rouge chilienne
 La Cruz Roja chilena

Acteurs en charge de la communication au grand public

Communication officielle chilienne

La période de crise s'est étalée sur plusieurs jours, depuis le mardi 1er avril 2014 à 20h54 (heure du premier séisme et début de l'alerte) au vendredi 4 avril dans la nuit. Entre ces deux dates, une quarantaine de répliques ont eu lieu et 55 communiqués officiels ont été rédigés et publiés par l'ONEMI sur leur site internet. Ces communiqués ont également servi de source et de base de travail à la presse, aux médias et autres relais de l'information.

Pour se faire une idée du déroulement des évènements et de la façon dont les autorités gèrent la crise, voici 3 des communiqués officiels publiés (traduits depuis la langue espagnole):


  • Communiqué du Mardi 1 avril 2014 / 22:31, heure locale

1er com.JPG

A 20h46, le territoire national a été touché entre les régions d’Arica et d’Antofagasta par un séisme de magnitude 8.2 sur l’échelle de Richter. Son épicentre se situe à 89km au sud-ouest de Cuya, dans la région de Tarapacá. Ces informations sont conformes à celles émises par le Centre National de Sismologie (CSN) et par les réseaux internationaux (USGS, PTWC).

Suite à ces évènements et quelques minutes après le séisme, l’ONEMI a établi un ordre d’évacuation préventive pour les régions côtières les plus exposées. Puis à 20h55, le SHOA a déclenché l’alerte au tsunami qui s’est étendue à tout le littoral national. Le train d’ondes (vagues) provoqué par le tremblement est mesuré et surveillé en temps réel.

Le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine Chilienne a signalé que les premières sont déjà arrivées à hauteur des villes de Pisagua, Iquique et Patache. Elles devraient arriver dans les minutes qui suivent à Angui, Quintero, Valparaíso, San Antonio et Constitución.

Nous lançons un appel aux personnes se trouvant en zones sûres, restez-y jusqu’à ce que les autorités vous autorisent à rentrer chez vous. Nous insistons sur le fait que le plus important, à l’instant, est de garder son calme et suivre les informations sur les canaux officiels.

Le Comité National d’Opérations d’Urgence piloté par le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, le Vice secrétaire et le Directeur National de l’ONEMI a été mis en place. Il va mesurer en temps réel l’état d’urgence de la situation en collaboration avec les Comités Régionaux d’Opérations d’Urgence des zones les plus affectées.


  • Communiqué du Mercredi 2 avril 2014 / 03:25, heure locale

2e com.JPG

Dans le dernier point presse effectué par l’ONEMI[1], le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, Rodrigo Peñailillo, a informé que l’alarme tsunami a été levée entre les villes de d’Antofagasta et de Valparaíso (île de San Félix et archipel de Juan Fernández inclus mais île de Pâques exclue).

D’autre part, cinq personnes sont décédées, trois à Iquique et deux à Alto Hospicio. Jusque-là, aucune autre victime n’a été reportée.

Hormis onze hôpitaux évacués car se situant en zone inondée, tous les centres hospitaliers de la zone affectée fonctionnent normalement. Le Ministère de la Santé a diffusé ses instructions quant au renforcement du système de soins prévu à l’intention de la population, pendant toute la durée de la crise.

Dans ce même contexte, le deuxième étage de l’Hôpital Régional d’Iquique est pour le moment fermé. Toutefois, les autres services se sont réorganisés afin de pouvoir répartir et accueillir tous les patients de cet étage.

Parallèlement, les aéroports sont globalement opérationnels. Le trafic devrait reprendre totalement une fois que l’alarme sera levée. Jusque-là, des interruptions ont été reportées sur l’autoroute 5 nord, entre Iquique et Arica. La situation devrait se rétablir dans quelques heures, en début de matinée.

Les vols commerciaux au départ d’Antofagasta en direction du nord sont annulés jusqu’à ce que l’alerte tsunami soit levée. Pour le moment, aucun dommage n’a été reporté en ce qui concerne les ponts et les infrastructures routières. La situation dans les ports est pour l’instant normale, bien que l’on attende les premières évaluations précises dans la matinée.

Les systèmes de télécommunications d’urgence entre le Comité National d’Opérations d’Urgence et ses différents pairs à l’échelle régionale ont fonctionné sans interruptions, conservant un lien permanent de type visioconférence avec les autorités et le SHOA[2].

Pour assurer la sécurité des personnes et des biens, les policiers disposent d’un renfort d’effectifs des Forces Spéciales de Santiago et d’un appui de l’armée de l’air. Concernant l’évasion de la population pénale de la prison des femmes d’Iquique, plusieurs effectifs se sont déployés pour rechercher les personnes manquantes.

La Présidente de la République a décrété l’état de catastrophe naturelle et a confié la responsabilité aux différents chefs de la Défense Civile, d’assurer l’ordre et la sécurité des personnes et des biens. Cela jusqu’au rétablissement total de la situation.


  • Communiqué du Jeudi 3 avril 2014 / 00:41, heure locale

3e com.JPG

A 23h43, le territoire national a été touché entre les régions d’Arica et Parinacota et Atacama par un séisme de magnitude 7.6 sur l’échelle de Richter. Son épicentre se situe à 45km au sud-ouest d’Iquique, dans la région de Tarapacá. Ces informations sont conformes à celles émises par le Centre National de Sismologie (CSN).

Suite à ces évènements et quelques minutes après le séisme, l’ONEMI a établi un ordre d’évacuation préventive pour les régions côtières les plus exposées. Puis à 00h07, le SHOA a déclenché l’alerte au tsunami qui s’est étendue à tout le littoral national. Le train d’ondes (vagues) provoqué par le tremblement est mesuré et surveillé en temps réel.

Le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine Chilienne a signalé que les premières sont déjà arrivées à hauteur des villes de DE Iquique, Patache, Pisagua, Tocopilla, Antofagasta, Mejillones et Arica. Elles devraient arriver dans les minutes qui suivent à Caleta Paposo, Taltal, Chañaral, Caldera, Huasco et Coquimbo.

Nous lançons un appel aux personnes se trouvant en zones sûres, restez-y jusqu’à ce que les autorités vous autorisent à rentrer chez vous. Nous insistons sur le fait que le plus important, à l’instant, est de garder son calme et suivre les informations sur les canaux officiels.

Le Comité National d’Opérations d’Urgence piloté par le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, le Vice secrétaire et le Directeur National de l’ONEMI a été mis en place. Il va mesurer en temps réel l’état d’urgence de la situation en collaboration avec les Comités Régionaux d’Opérations d’Urgence des zones les plus affectées.

La presse

Divers supports de presse participent à la communication de l'information et des consignes de sécurité pendant la période de crise: la télévision, la radio, les journaux, internet, etc. Nous nous intéressons ci-après à la presse écrite (également relayée par les versions internet des journaux).

A l'échelle du pays, l'évènement a été très largement couvert et relaté par les divers supports de presse, et ce pendant de nombreux jours. Pour le reste du Monde, l'évènement a été couvert les premiers jours. Puis à défaut de matière (probablement dû aux "faibles" pertes humaines et matérielles induites, il a vite été mis de côté.

Voici quelques extraits:

Presse nationale:

Presse iquique 2 avril 2014.bmp
 CHILI La estrella de Iquique, 2 avril 2014 -- http://www.estrellaiquique.cl

Presse internationale:

Presse française 2 avril.bmp Presse britannique 2 avril.bmp Presse russe 3 avril.bmp
 FRANCE Le Monde, 2 avril 2014 -- http://www.lemonde.fr
 ROYAUME-UNI The Telegraph, 2 avril 2014 -- http://www.telegraph.co.uk
 RUSSIE РИА Новости, 3 avril 2014 -- http://ria.ru/
Les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux ont été largement utilisés non seulement par les citoyens mais aussi par les institutions gouvernementales ou encore les associations telles que la croix rouge. Les sites les plus dynamiques ne sont autres que les plus connus et utilisés actuellement: Twitter, Facebook et Instagram. On y retrouve divers contenus et supports selon le profil. Les citoyens sont nombreux à poster des photos, des vidéos et à exprimer leurs réactions et émotions. Quant aux professionnels, ils profitent de l'affluence et de la réactivité de ces réseaux pour partager leur instructions, recommandations, etc,. Voici quelques exemples:


Facebook defensa civil.jpg

Carabineros de chile facebook.jpg

 Gendarmerie et Défense Civile chiliennes, via facebook


DEFENSA CIVIL VIA TWITTER.JPGCRUZ ROJA POR TWITTER.JPG
 Défense Civile et Croix Rouge chiliennes, via twitter


Youtube, site de vidéo-partage et autre média social proche des réseaux sociaux n'est pas laissé à l'écart. Cependant, la qualité et la pertinence des vidéos proposées ne sont pas toujours au rendez-vous. Beaucoup de vidéos truquées où les images et vidéos présentées datent d'événements antérieurs y figurent. Quant à Instagram, quelques minutes seulement après le séisme, les chiliens postaient déjà bon nombre de photos et vidéos.

Conclusion

Malgré les conséquences humaines et matérielles que nous sommes forcés de déplorer, il ne faut pas perdre de vue les enseignements que l’on peut tirer de ce type d’évènements. Ceux-ci permettront de revoir et d'améliorer les politiques et divers plans de gestion en la matière.

Lors du séisme de 2010, la gestion de crise de la présidente Michelle Bachelet avait été vivement critiquée jusqu'à créer une importante polémique. Elle fut convoquée devant une commission d'enquête afin de comprendre les raisons pour lesquelles l'alerte au tsunami fut donnée si tardivement - ravageant ainsi de nombreux villages littoraux, faisant 523 morts, 24 disparus et coûtant plus de 30 milliards de dollars au pays.

Cette fois, l'alerte a été donnée presque immédiatement, déclenchant ainsi les procédures d'évacuations et la mise en sécurité de la population. Des communiqués officiels faisant état de la situation ont été publiés très régulièrement (pas moins de 55 en 3 jours). Les réseaux sociaux, très actifs ont également favorisé la diffusion de l'information et des recommandations. A l'échelle du pays, l'évènement a été très largement couvert. Ce n'est pas le cas à l'échelle internationale pour laquelle l'évènement a vite été oublié probablement du fait des "faibles" pertes humaines et matérielles.

Les premiers retours du post-crise semblent, pour le moment, majoritairement positifs. Il est cependant difficile d'évaluer la qualité de la gestion de l'après-crise, de la reconstruction et de la prise en charge financière des diverses pertes subies par la population. Ceci est encore plus important si l'on pense aux populations touchées les plus vulnérables, celles laissées sans-abris... En mars 2014, 4 ans après le séisme de 2010, de nombreuses familles provenant des zones les plus touchées, vivaient encore dans des camps de fortune, abordant ainsi un 5ème hiver dans ces conditions.

Ces divers évènements et les enseignements qu'on en retient peuvent et devraient servir d’exemple instructif pour les autres pays soumis à ce type de risque ainsi qu’à la France. Cela permettrait d'éviter les erreurs qui ont pu être commises par le passé ou par les autres pays. Même si le risque sismique ne menace pas directement la métropole française, les DOM-TOM eux (Antilles, Réunion), font part d’une double activité sismique et volcanique relativement importante. De plus, au delà des risques et des caractéristiques propres à un territoire, les enjeux sont souvent les mêmes: remise en état des infrastructures, rétablissement des sources d'énergies et des réseaux, relogement et indemnisation des sinistrés, etc.

Notes et références

Modèle:Références

[1]ONEMI: Office National d'Urgence du Ministère de l'Intérieur et Sécurité Publique

[2]SHOA: Service Hydrographique et Océanographique de la Marine Chilienne

[A] Ressources naturelles Canada: Glossaire des termes sismologiques

[B] BRGM: Prévention du risque sismique,

[C] Prévention des risques majeurs: tsumani

[D] CEA: Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives

[E] Conceptos Generales sobre Gestión del Riesgo de Desastres y Contexto del País, Experiencias y Herramientas de aplicación a nivel regional y local, PNUD, 2012

[F] Plan Nacional de Protección Civil, Instrumento Indicativo para la Gestión Integral de Protección Civil, Decreto N° 156, 12 de marzo de 2002

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Le créateur de cet article est Adeline Bordais
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