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Pesticide (Généralités) (HU)

De Wikhydro
(Redirigé depuis Pesticide (HU))

Traduction anglaise : Pesticide

Dernière mise à jour : 18/01/2022

Les pesticides sont des produits destinés à combattre des organismes considérés comme nuisibles, que ce soit des plantes (herbicides), des champignons (fongicides), des bactéries (bactéricides), des insectes (insecticides) ou d’autres animaux (raticides, taupicides, molluscicides, etc.) (figure 1).


Figure 1 : Les désherbants font partie des pesticides ; Source : Illustration du dossier sur les pesticides do projet Eau MéliMélo.

Parmi les pesticides, on établit une distinction subtile entre biocides et produits phytopharmaceutiques

Sommaire

Différence entre pesticide, biocide et produit phytopharmaceutique

La différence est essentiellement réglementaire. Les produits phytopharmaceutiques et les biocides sont en effet régis par des réglementations européennes différentes.

  • Les produits phytopharmaceutiques « permettent de protéger les végétaux en détruisant ou éloignant les organismes nuisibles indésirables (y compris les végétaux indésirables) ». Ils sont régis par le règlement CE 1107/2009 ;
  • Les produits biocides « sont destinés à détruire, repousser ou rendre inoffensifs les organismes nuisibles, à en prévenir l’action ou à les combattre ». Ils sont définis par le règlement CE 528/2012.

(Source : https://www.experts-environnement.fr/biocides-et-phytopharmaceutiques-comprendre-la-difference/).

Ces définitions portent donc sur uniquement l’usage des produits et non sur leur composition chimique, la différence est donc très subtile. Par exemple un insecticide utilisé uniquement pour un usage domestique (se débarrasser d'insectes chez soi) sera considéré comme un biocide. Le même produit utilisé pour traiter les plantes deviendra un produit phytopharmaceutique.

Principales sources de pesticides en France

Avec une consommation de l’ordre de 63 000 tonnes en 2011, la France était le quatrième consommateur mondial de pesticides. L’agriculture est de très loin l’utilisateur principal.

On retrouve des traces de pesticides dans la plupart des milieux aquatiques (eaux de surface ou eaux souterraines). Les concentrations atteintes peuvent dans 10 à 30% des cas selon les milieux, dépasser les normes règlementaires (voir figure 2). Beaucoup des substances les plus souvent détectées et potentiellement les plus dangereuses du fait de leur faible Biodégradabilité dans l’environnement sont maintenant interdites.

L’origine de ces substances est multiple et pas toujours parfaitement identifiée. L’agriculture est de façon certaine le principal responsable de la contamination des nappes souterraines. En revanche les sources urbaines et péri-urbaines semblent non négligeables pour les eaux de surface et peuvent, sur certains cours d’eau, être du même ordre de grandeur que les sources rurales. La beaucoup plus faible consommation de substances est en effet compensée par des fuites beaucoup plus importantes vers les milieux aquatiques. Différents moyens ont été préconisés et mis en œuvre depuis plusieurs années, au niveau européen comme au niveau national, pour limiter les concentrations dans les milieux aquatiques. Tous les acteurs s’accordent à dire que les plus efficaces consistent à agir à la source en limitant les quantités épandues dans l’environnement et en contrôlant les fuites vers les milieux aquatiques. Le plan Ecophyto, mis en place suite au Grenelle de l’Environnement, se donnait pour objectif de diminuer par deux la consommation des pesticides d’ici 2018. Cet objectif est très loin d'avoir été atteint et, en 2019, le débat sur l'utilisation des pesticides dans l'agriculture a fait plusieurs fois la Une des journaux.

Les pesticides dans les rejets urbains

L'utilisation des pesticides est fortement réglementé dans les zones urbaines. La loi LABBÉ du 6 février 2014 a interdit depuis 2017 l’usage des produits phytosanitaires à l’ensemble des personnes publiques (État, collectivités territoriales et leurs regroupements, les établissements publics). Elle a été complétée par la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte qui interdit à partir du 1er janvier 2019, la vente des produits phytosanitaires aux particuliers ainsi que leur détention et leur utilisation.

Cependant on retrouvera encore des produits de ce type dans les eaux de ruissellement urbaines et dans les rejets urbains de temps de pluie pendant de nombreuses années, et ceci pour différentes raisons :

  • la loi est méconnue des citadins qui continue d'écouler leurs stocks ;
  • les produits de dégradation des pesticides utilisés dans les années passées mettront plusieurs décennies avant de s’évacuer totalement ;
  • même dans les zones urbaines il existe de nombreux espaces qui ne sont pas concernés par la loi Labbé (infrastructures de transport, terrains de sport, etc.) ;
  • les contaminations des zones urbaines par les zones agricoles voisines peuvent être importantes.

Concernant ce dernier point, une polémique très forte a éclaté en France durant l'été 2019 et certaines agglomérations (dont Paris) ont pris des arrêtés, d’ailleurs souvent contestés par l’État, interdisant totalement l’utilisation des pesticides sur leur territoire ou limitant les épandages agricoles à proximité des établissements publics ou des habitations. Ces actions auront probablement un effet bénéfique en termes de santé publique en limitant les concentrations en pesticides dans l'atmosphère. Cependant, comme ces produits peuvent parcourir de grandes distances sous l'action des agents atmosphériques elles ne seront probablement pas suffisantes pour prévenir la contamination des eaux de ruissellement urbaines (voir Dépôts de temps sec (HU)).

Présence des pesticides dans les milieux aquatiques et dangerosité

Figure 2 : Présence de pesticides dans les cours d'eau (synthèse des données 2012). ; Source : Eaufrance.

Les effets de ces substances sur les écosystèmes aquatiques sont avérés. Il peut s’agir d’effets directs dus à la toxicité chronique des molécules ou d’effets indirects écotoxiques dus à l’action des pesticides qui modifie l’écosystème (par exemple altération des populations de certains prédateurs, du fait de la diminution des insectes « nuisibles » qui constituent leurs proies).

Les effets sur la santé humaine ont été démontrés dans le cas de populations exposées professionnellement (agriculteurs en particulier). Les voies de contamination sont principalement la voie cutanée (au moment de la préparation) et la voie pulmonaire. Aucun effet direct n’a, pour l’instant, été démontré en ce qui concerne la santé des particuliers en relation avec la consommation de produits alimentaires contenant des traces de pesticides. Du fait de la plus grande sensibilité des fœtus et des jeunes enfants, il est cependant nécessaire de rester très vigilants. La qualité de l’eau potable est très bien contrôlée et les quantités totales de pesticides que l’on peut ingérer en buvant de l’eau sont extrêmement faibles et sans danger.

Voir la vidéo du projet Eau MéliMélo.

Pour en savoir plus : http://www.graie.org/eaumelimelo/Meli-Melo/Questions/Les-pesticides-et-l-eau/?parent=5

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